Le Mexique propose le mariage à durée déterminée

Un gâteau de mariage Kim Marius Flakstad via Flickr CC License by

Des législateurs de la ville de Mexico pourraient avoir trouvé la solution pour pallier la lenteur des procédés juridiques et administratifs en matière de divorce dans la capitale mexicaine où 40% des mariages célébrés se concluent par un divorce.  

Des contrats d’essai d’une durée de deux ans, prévoyant des modalités de séparation comme les conditions de garde des enfants potentiels ou la durée estimée de leur mariage, pourraient être signés par les nouveaux mariés, relate Reuters. Que les fidèles au serment «jusqu’à ce que la mort nous sépare» soient rassurés, le contrat est renouvelable.

Cette proposition de loi, à l’initiative du Parti de la révolution démocratique, a été envoyée à une commission parlementaire pour y être étudiée.

«Nous sommes à la recherche de solutions aux problèmes que nous observons quotidiennement au tribunal comme le chantage affectif ou les enfants qui sont utilisés comme des pions», explique Carlos Torres, porte-parole de la députée Lizbeth Rosas, co-initiatrice de la proposition de loi. En raison de la lenteur de la justice et de son coût financier, «beaucoup de couples n’y ont pas recours et fondent une nouvelle famille», note-t-il en précisant que cela peut compliquer ultérieurement les questions d’héritage et de pensions alimentaires.

Pour l’Eglise catholique, dans un pays qui compte la seconde plus grande communauté catholique dans le monde après le Brésil, cette conception du mariage à durée déterminée est «totalement absurde» selon les mots du porte-parole de l’archidiocèse de Mexico, le révérend Hugo Valdemar. «C’est une proposition faite par des personnes qui ne comprennent pas la nature du mariage», affirme-t-il. «Le mariage n’est pas un contrat commercial mais un contrat noué entre deux personnes autour d’un projet de vie, dont la création d’une famille.»

La présidente de l'Union nationale des parents, Consuelo Mendoza, estime dans le journal bolivien La Prensa que ce type d'initiatives favorise «la culture du jetable» et dit craindre l'impact émotionnel qu'un tel contrat pourrait avoir sur des enfants, «angoissés à l'idée de se demander tous les deux ans si papa et maman vont renouveler leur contrat».

Une telle proposition avait déjà été faite en 2007 en Allemagne par la députée Gabriele Paulli mais avait suscité l'ire du parti chrétien-démocrate à l'électorat plutôt conservateur. Ce contrat de mariage précaire, respecté par certains chiites, est néanmoins à l'oeuvre en Iran et au Liban.