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Kadhafi était prêt à se mettre en retrait comme la reine d'Angleterre

Temps de lecture : 2 min

Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko.
Mouammar Kadhafi. REUTERS/Vasily Fedosenko.

Le quotidien britannique The Guardian révèle que Mouammar Kadhafi, sur la fin de son règne despotique en Libye, «voulait secrètement devenir une figure symbolique du pays "comme la reine d’Angleterre"» tout en abandonnant ses pouvoirs.

Le quotidien britannique a publié une enquête fondée sur des interviews de cinq ministres et de sources haut placées dans le gouvernement, qui révèle notamment comment David Cameron a combattu le scepticisme de son propre gouvernement et de ses services secrets sur une intervention militaire en Libye et comment la Grande-Bretagne a persuadé la France de «mettre la pression sur Kadhafi à partir de l’ouest de la Libye» et non de l’est comme le planifiait Paris.

Le Guardian révèle donc aussi les messages confidentiels que Kadhafi a fait parvenir au ministère des Affaires étrangères pour évoquer son avenir politique, symboles d’une «stratégie de négociation erratique et désespérée». Selon le journal, «le leader libyen a indiqué […] qu’il était au pouvoir depuis aussi longtemps que la Reine», lui dirigeant son pays depuis 1969 et elle depuis 1952. «Il aurait été un président sans pouvoirs, ni même au pouvoir. Ils étaient même prêts à en faire une potiche. Mais les rebelles n’étaient pas d’accord, évidemment», explique un ministre. Cette proposition a aussi affaibli la position de Kadhafi auprès du gouvernement britannique, convaincu qu’elle constituait un bluff dissimulant la piètre situation du dirigeant.

Renversé fin août, Mouammar Kadhafi est depuis introuvable. Le 27 septembre, il a affirmé dans une déclaration sur le site internet de la chaîne de télévision Allibiya être toujours «sur le terrain» des combats et être prêt à y mourir en «martyr». «Ils mentent en disant que Kadhafi se trouve tantôt au Venezuela, tantôt au Niger. Je suis parmi mon peuple et les prochains jours réservent à cette clique d'agents un choc inattendu», avait-il déclaré.

La veille, Mahmoud Jibril, le Premier ministre libyen par intérim, avait estimé que le fait que Kadhafi reste libre constituait une menace alors que les combats se poursuivaient dans les bastions kadhafistes de Syrte et Bani Walid:

«Lui et ses fils sont en mesure de se déplacer librement et ceci peut mener à une plus grande déstabilisation jusqu'à ce que Kadhafi et ses acolytes soient appréhendés.»

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