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L'Amérique peut-elle élire un gros?

Slate.fr, mis à jour le 03.10.2011 à 13 h 11

lLe gouverneur du New Jersey Chris Christie Walter Burns via Flickr CC License by

lLe gouverneur du New Jersey Chris Christie Walter Burns via Flickr CC License by

L’Amérique peut-elle élire un président dodu? Alors que le gouverneur du New Jersey, Chris Christie, pourrait annoncer sa candidature à la primaire républicaine, cette question semble mobiliser plus d’énergie que son actuelle candidature, tant dans ce pays, qui n'a pas vu de président en surpoids depuis William Taft en 1913, «le candidat le plus beau ou le plus grand remporte régulièrement l’élection», note Palash Gosh dans International Business Times. Une question qui pourrait également trouver un écho en France, alors que le candidat favori de la primaire socialiste, François Hollande, s'est confié à maintes reprises sur le régime qu'il a effectué avant de débuter sa campagne.

Aux Etats-Unis, où, selon Palash Gosh, «les candidats sont markettés comme des pop stars»seulement un quart des gouverneurs américains sont visiblement en situation de surpoids alors que c’est le cas pour près de deux tiers de leur électorat, relèvait  en mars 2009 le blog Five Thirty Eight.

Au cours d’une élection, vote-t-on pour son semblable ou la personne que l’on souhaiterait être? La question avait déjà été posée par le Wall Street Journal en 2008 au moment de la candidature Obama qui avait voulu rassurer en affirmant qu’il était «mince mais dur»Pour autant, le physique, au-delà d'être un avantage, deviendrait-il un facteur discriminant? Pour Daniel Engber, du blog XXFactor de Slate.com, «s’il s’avère que cet homme en situation de surpoids ne peut être élu président – car les Américains ont trop honte de leur graisse, ou trop fiers de leur minceur – ce n’est pas son problème. C’est le nôtre».

Une opinion que partage l’éditorialiste Eugene Robinson du Washington Post.

«Vous pouvez dire que cela ne me regarde pas, mais je ne suis pas d’accord. Le problème de poids de Chris Christie a cessé de relever de sa vie privée à partir du moment où il évolue dans la sphère publique. L’obésité est une épidémie nationale, dont les coûts ne se mesurent pas uniquement en dollars mais aussi en vies. Son poids est une question tout aussi légitime que les vieux réflexes de fumeur d’Obama.»

L’humoriste David Letterman utilise l'humour pour se moquer du candidat s'il était élu président: «Je veux pouvoir dire, avec sincérité, “allez, vas-y, le gros”. Si tu ne peux pas honnêtement dire, "allez, vas-y le gros" les terroristes ont gagné.» Il imagine déjà les mesures que pourrait prendre l’homme politique une fois arrivé à la Maison blanche, «un ministère du Gâteau» ou la création d’un 51e Etat qui s’appellerait «Fatassachusetts».

Toutefois, le poids de Chris Christie n’est pas le seul inconvénient à sa candidature pour l’éditorialiste du Guardian, Richard Adams qui souligne «ses potentielles difficultés à mettre en place une campagne à l’échelle du pays alors que les premières élections à la primaire ont lieu dans quatre mois». L’argument de la compétence est également repris par Frank Bruni dans le New York Times pour qui «le courage ne devrait pas être mesuré par le nombre de boules de glaces de votre dessert ou le nombre de kilomètres parcourus le matin».

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