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Les gens gênés sont plus sympathiques

Slate.fr, mis à jour le 01.10.2011 à 15 h 10

 gêne sunahamavia Flickr CC License by

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Les gens gênés seraient plus généreux, et perçus comme plus dignes de confiance que les autres. Un article du Huffington Post du 29 septembre reprend l’étude en ce sens menée par trois chercheurs de l’Université de Berkeley dans le Journal of Personality and Social Psychology publiée sur Internet le 19 septembre. Dans le regard des autres, les gens gênés apparaîtraient comme plus sympathiques que les gens affichant des signes de confiance.

La gêne ne doit cependant pas être confondue avec la honte ou avec une inaptitude sociale anxieuse, qui sont toutes deux uniquement des freins, alors que «la gêne, à un  niveau modéré est vertueuse», avance Matthew Feinberg, un des trois chercheurs.

«Nos résultats montrent que la gêne peut être bonne, qu’il ne faut pas la combattre. […] Les gens se sentent à l’aise avec les gens gênés. Ils ont envie de créer des liens avec eux.»

Pour arriver à ces résultats, les chercheurs ont mené une série d’expériences parfois complètement incongrues.

Tout d’abord, ils ont jaugé le niveau de gêne de  60 étudiants en leur faisant raconter leurs souvenirs gênants, comme péter en public, prendre une femme enveloppée pour une femme enceinte...

Ils ont ensuite fait jouer «le jeu du dictateur» aux mêmes, ainsi qu’à 38 étrangers: ce jeu un peu spécial consiste à donner dix tickets de tombola à chacun, en leur expliquant qu'ils peuvent les redistribuer,  s'ils le souhaitent.  Les plus gênés se sont avérés être les plus généreux.

Enfin, ils ont pris un acteur sur scène et l’ont complimenté. Dans le premier cas, ce dernier en était gêné, dans le second, il affichait une certaine fierté. Les chercheurs ont observé que par la suite, les spectateurs allaient plus naturellement vers l’acteur gêné.

La gêne aurait donc du bon. Pourtant, les émotions ou faiblesses ordinaires ont tendance à être de plus en plus considérées comme des pathologies, selon un article de Sciences Humaines consacré à Comment la psychiatrie et l'industrie pharmaceutique ont médicalisé nos émotions, le livre écrit par Christopher Lane. La timidité, proche de la gêne, est désormais apparentée à une maladie, une «phobie sociale». Elle est devenue le troisième trouble mental diagnostiqué aux États-Unis, derrière la dépression et la dépendance alcoolique. L'article relève d'ailleurs que le titre original du livre était: La Timidité. Comment un comportement normal est devenu une maladie.

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