Sports

Comment se répartit le gâteau des droits télé du foot

Slate.fr, mis à jour le 30.09.2011 à 10 h 48

Le barcelonais Andres Iniesta, en décembre 2010. REUTERS/Albert Gea.

Le barcelonais Andres Iniesta, en décembre 2010. REUTERS/Albert Gea.

Comment se compare la répartition des droits télé du football entre les cinq principaux championnats européens (Espagne, Angleterre, Italie, Allemagne, France)? Les Cahiers du football et le Moustache Football Club, deux sites d’information consacrés au ballon rond, répondent à la question avec une belle infographie qui détaille la «dépendance» de chaque compétition aux droits télé —principale ressource des clubs avec les transferts—, les montants reçus par chaque équipe et l’amplitude des droits perçus.

Principales conclusions à en tirer:

  • sans surprise, les clubs les plus gâtés sont le Real Madrid et le FC Barcelone, avec 140 millions d’euros par an chacun, soit 46% du gâteau total de la Liga.
  • les moins bien traités sont une poignée de clubs espagnols et l’allemand Sankt Pauli, avec dix fois moins: 14 millions.
  • le championnat le plus inégalitaire est donc l’Espagne, «les droits [y] étant issus de négociations individuelles entre les clubs et les diffuseurs».
  • l’Angleterre et l’Allemagne se distinguent en revanche par le côté très concentré de leur répartition: le club allemand le mieux servi perçoit deux fois plus que le moins bien servi, et ce ratio est seulement de 1,5 en Angleterre, pays où l’enveloppe globale est la plus importante et les diffusions pour chaque club «plus nombreuses».
  • avec ses 50 millions d’euros perçus, Marseille, premier en France, serait également premier du classement des droits en Allemagne, troisième en Espagne, sixième en Italie et onzième en Angleterre.
  • un seul club arrive à se classer sur le podium de son pays sans même se qualifier pour une Coupe d’Europe: la Juventus Turin en Italie (79 millions d’euros). Explication: «la loi Mélandri, qui réserve 25% du montant total selon le nombre de "sympathisants" de chaque club», défini par «trois instituts de sondage».

Ce sujet des droits télé, «à l'origine de la croissance exponentielle de l'économie du football depuis une vingtaine d'années», a fait l’actualité dans quasiment tous ces pays ces derniers mois. Mi-septembre, nous évoquions ainsi dans un article sur la Liga les propos de José María del Nido, président du FC Séville, selon qui l’Espagne risque que de devenir un «championnat tiers-mondiste dans lequel deux clubs dérobent l’argent de la télévision aux autres participants».

En France, un bouleversement est annoncé pour la saison prochaine avec l’arrivée d’un nouveau diffuseur, Al-Jazeera, à la suite de l’appel d’offres pour la période 2012-2016. La chaîne qatarie, qui détenait déjà les droits de la L1 à l’étranger, va payer 90 millions d’euros par an pour un lot de deux matches alors que Canal+ a acheté quatre lots de matchs et magazines pour 420 millions d’euros. Soit une somme totale de 510 millions d’euros, pour l’instant inférieure aux 668 millions que touchait le football français entre 2008 et 2012, mais certains lots n’ont pas encore été attribués.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte