Culture

Les peintures de Bob Dylan, des escroqueries?

Slate.fr, mis à jour le 28.09.2011 à 12 h 51

Bob Dylan lors d'un concert au Vietnam en 2011. REUTERS/STR New

Bob Dylan lors d'un concert au Vietnam en 2011. REUTERS/STR New

Pas sûr que les juges, «bouches de la loi», citeront encore Bob Dylan dans leurs jugements alors que le New York Times révèle que certaines peintures de la dernière exposition du chanteur folk à la Gagosian Gallery à New York, supposée «être une réflexion visuelle sur ses voyages au Japon, en Chine, au Vietnam et en Corée», ne seraient que la copie de photographies.

Une discussion sur le site Expecting Rain apporte les preuves d’un tel postulat. «The Asia series pourraient bien être des réflexions visuelles des voyages de Bob Dylan par le biais de photographies en ligne plutôt que le reflet d’une expérience personnelle», en conclut Art Info.

«Imaginez ma suprise de voir au moins cinq ou six peintures affichées dans la galerie qui ressemblaient à des photographies issues de ma collection personnelle (les originaux sont toujours en ma possession) et postées sur mon compte Flickr», témoigne l’utilisateur Okinawa Soba sur le forum. A son actif, une photographie attribuée à Seibei Kajima dans les années 1880 montrant un Japonais équipant un cheval devant le mont Fuji, une scène similaire à celle que le public peut admirer en arpentant les couloirs de la galerie d’art Gagosian.

Le New York Times a contacté la galerie:

«Si la composition de certaines peintures de Bob Dylan s’est fondée sur une variété de sources, comme des archives, des images historiques, la fraîcheur et le dynamisme des peintures proviennent des couleurs et textures des scènes de la vie quotidienne observées durant ces voyages.»

«Mon inspiration doit commencer avec quelque chose de tangible», commentait Bob Dylan dans une interview pour le catalogue de l’exposition.

Au-delà de l’honnêteté artistique que ces fâcheuses similarités posent, Bob Dylan et la galerie pourraient être assignés en justice pour des questions de droits d’auteur. Deux des photographies que Bob Dylan semble avoir copiées appartiennent à l’agence Magnum Photos, une autre au magazine Life et une quatrième au musée Albert Kahn à Boulogne-Billancourt.

Une expérience que la galerie Gagosian pourrait ne pas vouloir revivre après avoir perdu, en mars 2011, un procès l’opposant au photographe français Patrick Cariou qui estimait qu’une exposition de Richard Prince n’ajoutait que des simples coups de pinceaux à ses photographies de rastas jamaïcains. La juge a estimé que les œuvres exposées n’avaient pas été assez transformées pour être conformes à un fair use (usage raisonnable) de l’œuvre de Patrick Cariou.

«Les bons artistes copient, les grands artistes volent», disait Pablo Picasso. Et il semblerait que la frontière ait déjà été, à plusieurs reprises, franchie par Bob Dylan. Art Info nous rappelle que la maison Christie’s avait remarqué qu’un poème vendu aux enchères en 2009 était composé de paroles d’une chanson d’un chanteur de country Hank Snow. Un documentaire de Martin Scorsese, «No direction home», révélait que les premières paroles de sa chanson It Ain’t me, Babe étaient inspirées d’une chanson de John Jacob Niles.

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