Économie

La chasse aux riches, la fausse bonne idée

Temps de lecture : 2 min

Fortune cookies quinn.anya via Flickr CC License by
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Il faut taxer les riches. Quelques-uns d’entre eux, à l’image de Warren Buffett, l’ont même réclamé, et les gouvernements, confrontés à un déficit public abyssal, semblent reprendre l’idée. «Beaucoup suggèrent qu’une façon de combler les trous budgétaires est de dégager des richesses de ceux qui ont le mieux réussi», introduit un article de The Economist. L'hebodmadaire britannique, d’obédience libérale, revient sur les failles d’une «stratégie qui fait payer les riches» dans son dossier de une.

Rappelant que toute mesure fiscale a une assise idéologique, The Economist se penche sur les leçons à tirer de l'histoire de nos économies: des taxes faibles, augmentant notre proportion à épargner, encouragent l’investissement et la croissance (et bien souvent, l’emploi).

Une hausse de l’imposition des ménages riches favoriserait également l’évasion fiscale. Une évasion qui aurait de l’importance, en termes de ressources fiscales, puisque, par exemple, les ménages américains les plus riches contribuent à près de 45% du budget fédéral. Autre exemple, le foot. Depuis l’arrêt Bosman de la Cour de justice de l’Union européenne en 1995, qui marque la libéralisation des transferts de joueurs de foot sur le plan européen, la fiscalité du pays devient un élément déterminant pour les joueurs quand il s’agit de négocier leurs contrats. Pour améliorer la qualité de son championnat, l’Espagne a ainsi adopté une règle fiscale, surnommée «Beckham law», minorant l’imposition de ses résidents étrangers.

Toutefois, The Economist rappelle qu’après la vague de gouvernements néo-libéraux au pouvoir, incluant Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne, le taux marginal d’imposition des ménages les plus riches, conséquence d’un Etat devenu moins interventionniste, a connu une baisse d’environ 11% dans ces pays. Et c’est là que le bât blesse selon l'hebdomadaire: le taux marginal d’imposition est la méthode généralement employée par les autorités fiscales pour imposer les plus riches, or ces derniers s’y adaptent et leurs techniques d’optimisation fiscales s’affinent.

Court terme, long terme: l’analyse choisit ce prisme pour évaluer le véritable impact d’une hausse de l’imposition pour les riches. Sur le court terme, une hausse de 1% réduit le PIB d’approximativement de 3%, et l’effet se poursuit dans la durée. La conclusion de l'article propose une alternative:

«Si le budget est l'inquiétude principale d'un gouvernement, alors preuve est faite qu'une réforme des niches fiscales et un élargissement de l'assiette fiscale sont des manières plus efficientes d'accroître ses ressources.»

Slate.fr

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