Économie

L'Allemagne devrait 95 milliards de dollars à la Grèce

Temps de lecture : 2 min

Grèce archer10 (Dennis)via Flickr CC License by
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Le montant des dommages infligés par le régime nazi à la Grèce pendant la seconde guerre mondiale refait surface alors que la Grèce est au bord de la banqueroute. L’Allemagne devrait donc 95 milliards de dollars à la Grèce, écrit die Welt cité par le Time Magazine.

L'Etat grec affiche à ce jour une dette d’un montant de 350 milliards d’euros, affole les marchés; sa note a été dégradée par les trois plus grandes agences de notation et certains envisagent même de sortir le pays de la zone euro. Et l'Allemagne, grosse prêteuse, se fait tirer l'oreille pour atténuer la douleur du remède. L’article rappelle pourtant que si les comptes de cette époque avaient été réglés autrement, l’Allemagne devrait aujourd’hui 95 milliards de dollars à la Grèce.

Durant la seconde guerre mondiale, suite à l’occupation de la Grèce par l’armée du troisième Reich, la Banque nationale de Grèce a été forcée de prêter 476 millions de Reichsmarks —la monnaie allemande de l’époque— sans intérêts. S’il s’agissait d’un «prêt normal», l’Allemagne serait tenue aujourd’hui de le rembourser, mais comme il s’agit de remboursement de «dommages de guerre», l’Allemagne n’est plus tenue de rembourser ce montant à la Grèce, en vertu de l’Accord sur les dettes extérieures allemandes datant du 27 février 1953, rappelle Time magazine.

Retour en automne 1945, après la reddition de l’Allemagne, les Alliés organisent une série de conférences à Paris pour régler les questions du montant des réparations. La Grèce réclame alors 10 milliards de dollars. On lui accordera 4.5% (25 million de dollars) en réparations matérielles et 2.7% sous d’autres formes.

Lors de ces conférences, les Etats-Unis notamment s’opposèrent à des sanctions économiques fortes à imposer à l’Allemagne, argumentant que le montant énorme des réparations qu’avait du fournir la République de Weimar après la première guerre mondiale, l’avaient fortement fragilisée et expliquaient en partie la montée d’Hitler au pouvoir selon l’article.

C’est pourquoi, selon l’Accord sur les dettes extérieures allemandes conclu le 27 février 1953 à Londres, le versement des réparations fut repoussé jusqu’à la signature d’un accord de paix qui n’eut lieu qu’en 1990, et exonéra l’Allemagne de certaines réparations qu’elle aurait dû payer à la Grèce notamment. Cette dernière n’eut pas son mot à dire.

Sans les intérêts, le montant serait de 14 milliards de dollars aujourd’hui. En les prenant en compte (3% par an sur 66 ans), il serait de 95 milliards de dollars aujourd’hui.

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