France

Karachi: Bazire en garde à vue, un autre proche de Sarkozy déféré

Slate.fr, mis à jour le 21.09.2011 à 14 h 33

Nicolas Bazire et Edouard Balladur en 1995. REUTERS

Nicolas Bazire et Edouard Balladur en 1995. REUTERS

Nicolas Bazire, ancien directeur de cabinet d'Edouard Balladur et proche de Nicolas Sarkozy, a été placé en garde à vue dans l'affaire Karachi mercredi 21 septembre, selon le site du Journal du Dimanche. D’après le site du Nouvel Observateur, Thierry Gaubert, un ancien collaborateur du chef de l’Etat à la même époque, devait lui être déféré devant le juge dans la journée. Des informations confirmées par l’AFP, selon qui le domicile et les locaux professionnels de Nicolas Bazire faisaient l’objet d’une perquisition, le domicile de Thierry Gaubert ayant lui été perquisitionné en juillet.

Ces procédures interviennent dans le cadre de l’enquête du juge Renaud Van Ryumbeke sur le volet financier de l'affaire de l'attentat de Karachi, au cours duquel 15 personnes, dont 11 Français travaillant pour la Direction des constructions navales (DCN), avaient été tuées en 2002. La justice cherche à savoir si cet attentat est lié à l'arrêt du versement de possibles rétrocommissions sur des ventes de sous-marins au Pakistan, et s'intéresse également à un contrat de vente de frégates à l'Arabie Saoudite la même année, en 1994.

«Volumineuses valises»

Le 13 septembre, après la mise en examen dans ce même dossier de l’homme d’affaire franco-libanais Ziad Takieddine pour complicité et recel d’abus de biens sociaux, Mediapart révélait qu’un témoin avait affirmé la semaine précédente à la Division nationale des investigations financières (Dnif) «avoir eu connaissance de transports de fonds opérés au milieu des années 1990 par [Ziad Takieddine] avec deux proches de Nicolas Sarkozy: Thierry Gaubert […] et Nicolas Bazire». Selon ce témoin, «Thierry Gaubert a accompagné à plusieurs reprises M. Takieddine dans un établissement bancaire suisse pour y retirer des fonds, remis à Paris à Nicolas Bazire. […] Les espèces auraient été transportées dans de volumineuses valises».

Le Nouvel Observateur révèle lui un témoignage dans le même sens de la princesse Hélène de Yougoslavie, ex-femme de Thierry Gaubert. Entendue à la fin de l’été par la DNIF, elle aurait également affirmé que son ex-mari «avait accompagné, en Suisse, l’intermédiaire libanais Ziad Takieddine, pour aller chercher des valises "volumineuses de billets"» et que «l’homme qui récupérait les "mallettes" en France était Nicolas Bazire».

Selon le JDD, le juge aurait également entendu comme témoin Roland Dumas, ancien président du Conseil constitutionnel, afin de comprendre dans quelles conditions l’institution avait validé les comptes de campagne d'Edouard Balladur pour l'élection présidentielle de 1995, malgré la présence d'espèces en quantités importantes.

Témoin du mariage avec Carla Bruni

Le discret Nicolas Bazire fait partie de ce que nous appelions , dans un article d'avril 2010, «la Balladur Connexion», puisqu’en plus de son poste à Matignon il a été son directeur de campagne en 1995, Nicolas Sarkozy occupant alors la fonction de porte-parole. Après la défaite, il a été nommé associé-gérant de la banque Rothschild & Cie, avant de rejoindre en 1999 le groupe Arnault (actionnaire majoritaire du numéro un mondial du luxe LVMH), dont il est actuellement directeur général. Il est resté très proche de Nicolas Sarkozy, dont il fut témoin du mariage avec Carla Bruni.

Thierry Gaubert, comme le rappelle le Nouvel Observateur, est lui «un ami de 30 ans du Président de la République», dont il fut directeur de la communication à la mairie de Neuilly, puis chargé de mission au ministère du Budget, avant d’être «emporté par une affaire de détournements de fonds dans les Hauts-de-Seine à la fin des années 90». Il est aujourd’hui directeur des affaires publiques du groupe bancaire BPCE, présidé par l'ancien secrétaire général adjoint de l'Elysée François Pérol. Il doit prochainement être jugé pour escroquerie et prise illégale d'intérêt dans une affaire de détournement de fonds issus du 1% logement.

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