Monde

Jusqu'à quand Obama sera-t-il épargné par le scandale?

Slate.fr, mis à jour le 19.09.2011 à 11 h 10

Barack Obama dans la roseraie de la Maison Blanche. REUTERS/Jason Reed.

Barack Obama dans la roseraie de la Maison Blanche. REUTERS/Jason Reed.

Barack Obama parviendra-t-il à battre le record de la présidence américaine la plus longtemps épargnée par un scandale depuis trente-cinq ans, jusqu’ici détenu par George W. Bush? C’est la question que se pose le magazine The Atlantic en se fondant sur les travaux de Brendan Nyhan, de l’université de Dartmouth (New Hampshire).

Ce dernier a publié en mai une étude sur la façon dont les scandales émergent dans la politique américaine depuis 1977. Il s’intéresse notamment à la façon dont l’opposition et la presse contribuent à «construire» un scandale, en incluant dans cette catégorie tous les événements explicitement qualifiés comme tels par le Washington Post, le journal qui avait révélé le Watergate, «source d’élite qui fixe souvent l’agenda pour les reporters de tout le pays dans leur couverture de la politique à Washington» (et accessoirement actionnaire à 15% de Slate.fr).

En se fondant sur ce critère, Nyhan identifie comme premier scandale de la présidence Bush Jr. l’affaire Valerie Plame, du nom d’un agent de la CIA dont l’identité avait fuité dans la presse après que son mari avait critiqué publiquement les motivations de l’intervention en Irak. Une affaire qui a donné lieu à un film avec Naomi Watts et Sean Penn, Fair Game, et a été pour la première fois qualifiée de «scandale» par le Washington Post le 5 octobre 2003.

Barack Obama ayant été, comme George W. Bush et tous ses prédécesseurs, investi un 20 janvier, il pourrait donc battre ce record le 6 octobre. Mais The Atlantic explique qu’il n’est déjà pas passé loin d’un scandale avec l’affaire de l’opération Fast and Furious, une infiltration dans un trafic d’armes entre les Etats-Unis et le Mexique.

Le dossier Solyndra virera-t-il au scandale?

Surtout, le président américain est la cible, depuis le début du mois de septembre, d’accusations dans le dossier Solyndra, une société de panneaux solaires qui s’est placée en faillite fin août après avoir reçu 535 millions de dollars de prêts publics, et fait l’objet «d'une enquête judiciaire et d'une enquête parlementaire», comme l’explique l’AFP. Le vice-président Joe Biden avait posé la première pierre d’une usine, en septembre 2009, et Barack Obama avait visité l’entreprise en mai 2010, alors que, selon les républicains, «l'administration était au courant des problèmes financiers de Solyndra lorsque ses garanties ont été examinées».

Pour l’instant, cette affaire n’a néanmoins pas été nommément qualifiée de scandale par le Washington Post. Dans un éditorial du 9 septembre, le quotidien estimait seulement que «l’effondrement d’un des chouchous "verts" de l’administration Obama pourrait, d’un embarras, devenir un scandale ». L’affaire a aussi été qualifiée de «scandale» voire de «scandale sur mesure» pour les républicains par Jennifer Rubin, une des blogueuses du quotidien, mais celle-ci est ouvertement rattachée à la droite américaine, offrant sur son blog «une perspective conservatrice».

Nyhan, lui, a estimé dans The Atlantic que l’affaire Solyndra pourrait empêcher Obama de battre le record de George W. Bush. Conclusion du magazine:

«Obama peut-il le faire? La réponse est dans les mains de la rédaction du Washington Post.»

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