Monde

Peut-on rire du 11-Septembre?

Temps de lecture : 2 min

Evacuation d'un homme du World Trade Center, le 11 septembre 2001. S. STAPLETON / REUTERS
Evacuation d'un homme du World Trade Center, le 11 septembre 2001. S. STAPLETON / REUTERS

«Joyeux 11-Septembre, tout le monde !»

Voilà la blague que le comique Nick DiPaolo a lancée au Gotham Comedy Club à New York le 9 septembre 2011, d’après le site d’information New York Observer. Il espérait que 10 ans après les attentats, les gens seraient prêts à rire de cette tragédie. Résultat: les gens se sont tus, choqués.

Cette anecdote est l’occasion pour Jessica Pilot, journaliste au New York Observer de s’interroger sur ces tragédies qui deviennent ensuite des sujets de blague:

«Ils disent que la comédie est égale à la tragédie plus du temps, mais combien de temps exactement? Quand est-ce que c’est trop tôt, et quand est-ce que c’est trop tard?»

Pour Paul Lewis, professeur d’anglais au Boston College et auteur du livre Craking up: American Humor in a Time of Conflict, accepter de rire d’un fait grave dépend de nos valeurs:

«Etre offensé a tout à voir avec ce que l’audience partage et valorise à un moment précis. A différents moments dans votre vie, vous êtes plus engagé pour une certaine idée ou image, et vous n’acceptez pas qu’on en fasse des blagues. Un comique fin sait pour un type de public particulier ce qu’il peut dire ou pas. Par exemple une blague sur un bébé mort peut passer de bien différentes manières quand le public est constitué d’adolescents ou quand ce sont ces mêmes adolescents qui reviennent 10 ans plus tard, une fois qu’ils ont des enfants.»

Pour le comique Jim Norton aucun sujet n’est complètement tabou s’il est abordé avec les bonnes intentions:

«Les Américains sont devenus tellement hypersensibles, et ils s’attendent à ce que les comiques soient pareils. […] Chaque événement, même s’il a été terrible, est un bon candidat pour la comédie. Aucun de nous ne veut commencer à se moquer des gens qui ont sauté des immeubles, des victimes, toutes ces choses. Nous nous moquons de nos propres réactions devant le drame.»

Slate.fr

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