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Le comptage de foule, une science en pleine évolution

Slate.fr, mis à jour le 14.09.2011 à 17 h 09

Une foule de personnes à l'entrée d'un festival à Seattle stevevoght via Flickr CC License by

Une foule de personnes à l'entrée d'un festival à Seattle stevevoght via Flickr CC License by

On s’y attend à chaque manifestation: quel sera cette fois-ci l’écart entre les chiffres communiqués par les syndicats et la police sur le nombre de manifestants mobilisés? L'enjeu est de taille: déterminer l’ampleur de la manifestation donne une certaine légitimité aux revendications défendues.

Face à cet écart, doit-on pour autant renoncer à compter la foule de manière précise et fiable? Pas nécessairement, estime un article de Popular Mechanics qui fait le point sur l'historique des méthodes de comptage des foules et en souligne les plus efficaces et originales.

«L’estimation chiffrée d’une foule est une science opaque, entre la précision statistique et le tour de passe-passe politique, et plein de personnes ont tendance à exagérer ou diminuer le taux de participation à une manifestation.»

On attribue à Herbert Jacobs, professeur de journalisme à l’université de Californie à Berkeley, la paternité des méthodes modernes du comptage de foule en estimant la densité du lieu de mobilisation. Divisant le lieu en une série de carrés, il évalue la densité de plusieurs carrés et multiplie le chiffre obtenu par le total de carrés que compte le lieu. Pour autant, cette méthode a un inconvénient principal:

«Les foules ne sont pas uniformes –elles se concentrent à un certain endroit et se disperse dans d’autres.»

Paul Yip et Ray Watson, respectivement chercheurs à l’université d’Hong-Kong et l’université de Melbourne et auteurs d’une nouvelle étude publiée dans la revue anglo-saxonne Significance, apportent deux méthodes alternatives dont le point commun est la nécessité de «s’immiscer dans la foule» et non plus de la regarder de la fenêtre comme Herbert Jacobs en avait l’habitude.

Les compteurs peuvent choisir un point de repère et compter le nombre de personnes qui passent par ce point à un intervalle de temps donné. Seulement, les chercheurs en reconnaissent la limite:

«Certaines personnes ont pu s’éclipser avant de passer par le point de repère ou quitter la manifestation aussitôt comptées près du point de repère.»

D’où la seconde méthode qui consiste en l’implantation de deux points de passage où les manifestants seront comptés. 

Cette méthode est celle utilisée par la police française pour compter les rangs des manifestants, comme l’explique 20minutes. Mediapart a aussi pris part à cette bataille de chiffres en dénombrant les participants à une manifestation à partir de deux postes d'observation en octobre 2010 et est arrivé à une estimation inférieure aux chiffres communiqués par la police. Une méthode qui comporte ainsi des failles.

Quel est le futur de cette «science opaque» de comptage des foules? Popular Mechanics salue l'initiative CBS/Digital Design and Imaging Service qui a mis au point une carte 3D des participants au Restoring Honor Rally du présentateur américain Glenn Beck, en atnicipant la manière dont la foule allait se rassembler en fonction du temps qu'il fait, mais aussi en comparant avec des photos historiques d'évènements similaires, explique le président de l'entreprise DDIS, Curt Westergard.

Parmi les futurs projets de la compagnie figure la possibilité de collecter des photographies aériennes des manifestants à différents points de la marche pour qu'une multitude de personnes mobilisées sur Internet puissent compter les têtes apparaissant sur les photos recueillies.

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