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Tout ce que les gènes peuvent faire contre les insectes

Slate.fr, mis à jour le 14.09.2011 à 11 h 18

mosquito drinks water / flickrPrince via Flikr CC licence by

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Après avoir étudié de nombreuses pistes, parfois saugrenues, pour tenter d’éradiquer les moustiques porteurs de maladies comme la malaria, les chercheurs concentrent leurs efforts depuis plusieurs années sur la mutation génétique des insectes.

Au début de l’année, des scientifiques du prestigieux Imperial College de Londres et de l’université de Washington à Seattle ont effectué des changements génétiques spécifiques sur quelques moustiques puis les ont laissé se reproduire. Résultat: les altérations génétiques ont été transmises à une population importante de moustiques en quelques générations.

Henry Nicholls explique dans un passionnant article paru le 12 septembre sur le site du New Scientist toutes les pistes actuellement étudiées pour tenter de faire disparaître des espèces d’insectes menaçantes ou dangereuses en manipulant les gènes. L’un des principaux avantages de ces techniques: elles ne présentent aucun danger pour les autres espèces, le but étant justement l’auto-extinction à travers la mutation génétique.

L’ancêtre de la mutation génétique est la technique de «stérilisation des mâles», déjà utilisée avec succès depuis plus d’un demi-siècle: un grand nombre d’insectes mâles sont élevés et stérilisés à travers l’irradiation, puis relâchés dans la nature. Ils s’accouplent ensuite avec des femelles, mais leurs œufs ne sont pas viables. Une méthode qui a notamment contribué à éradiquer la mouche tsétsé à Zanzibar.

Mais la stérilisation a un inconvénient: le dosage de la radiation est très sensible, et il est difficile de stériliser les insectes sans les affaiblir, ce qui peut les rendre incapables de disputer les femelles aux insectes en bonne santé. Les scientifiques se sont donc penchés sur des méthodes de stérilisation génétique, qui permet notamment de garder les mâles en bonne santé pour qu’ils puissent féconder les femelles.

Dernière piste étudiée: modifier génétiquement les mâles pour qu’ils transmettent un gène mortel à leur progéniture, qui mourra juste avant d’atteindre l’âge adulte. Si elle s’avère efficace, la technique «pourrait transformer la manière dont nous envisageons les animaux génétiquement modifiés» et «remplacer complètement les pesticides». En théorie, le risque que les insectes développent une résistance, comme avec les pesticides est très élevé.

Si les biologistes sont optimistes quant aux débouchés des nouvelles expériences et estiment que les risques sont minimes, les opposants aux modifications génétiques sont évidemment loin d’être convaincus.

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