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Pourquoi les retours paraissent plus rapides que les allers?

Slate.fr, mis à jour le 13.09.2011 à 14 h 42

 Voiture en Iran, août 2006. Gorgio Montersino via Flickr CC License by

Voiture en Iran, août 2006. Gorgio Montersino via Flickr CC License by

N’avez-vous jamais senti que les voyages de retour sont plus courts que les allers? Que la route pour aller en vacances est toujours interminable alors qu’elle est beaucoup plus rapide quand on rentre chez soi? Cette impression étrange vient justement d’être analysée dans une étude publiée en août dans la revue Psychonomic Bulletin &Review, nous apprend le site d’information de la radio américaine National Public Radio (NPR).

En 1969, l’astronaute Alan Bean, de retour de son voyage sur la Lune à bord du module Apollo 12, explique que «revenir de la Lune m’a paru beaucoup plus court», alors que la distance de l’aller et du retour étaient exactement la même.

D’où vient cet «effet du voyage de retour», comme les scientifiques l’ont appelé qui existe même dans l’espace et qui fait que les retours à la maison sont 17 à 22% plus rapides que les départs selon le site d’information USA Today?

Pour Niels van de Ven, psychologue à l’université de Tilburg aux Pays-Bas et co-auteur de l’étude, beaucoup de gens pensent que le trajet retour est plus court parce qu’il semble plus familier:

«Ça doit aider à favoriser l’impression de vitesse, et la sensation de rapidité du trajet.»

Mais Niels van de Ven n’est pas convaincu par cette explication:

«Quand je prends l’avion par exemple, j’ai aussi cette impression, et pourtant je ne reconnais rien pendant le voyage. Quand je regarde par la fenêtre, je ne vois rien que je puisse reconnaître.»

Les auteurs de l’étude ont alors mené une expérience sur près de 350 personnes, et notamment sur deux groupes d’étudiants qui avaient prévu d’aller en vélo à une kermesse. Ils font le même trajet aller, mais pour le retour, les deux groupes se séparent, le premier reprend le même chemin alors que l’autre change (pour un autre chemin de même longueur).

Si l'aspect familier du voyage retour constituait vraiment une explication valable, seul le premier groupe aurait trouvé que le retour était plus rapide. En réalité, les deux groupes ont ressenti cet effet puisqu’ils ont trouvé que le retour n’avait duré que 37 minutes, contre 44 minutes pour le voyage aller, alors que les deux ont duré exactement 35 minutes selon USA Today.

Ven explique alors sur le site de la NPR qu’on «remarque souvent que les gens sont trop optimistes quand ils sont sur le point de partir». Finalement quand ils arrivent ils ont l’impression que ça a pris plus du temps que prévu. Ce sentiment pessimiste reste jusqu’au début du voyage de retour puisqu'au moment de repartir on se dit «wow, ça va prendre du temps». L’optimisme et l’impatience du début font que l’aller prend plus de temps que  prévu, et le pessimisme de la fin fait que le retour est plus rapide.

«C’est vraiment une histoire d’anticipation, sur ce que vous pensez qu’il va se passer», ajoute Michael Roy, psychologue au Collège Elizabethtown et co-auteur de l’étude.

Les auteurs de l’étude sont conscients qu’il peut exister d’autres explications, «nous n’affirmons pas qu’il n’y a qu’une seule cause, précise Michael Roy. Il y en a sûrement d’autres».

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