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Au Kirghizistan, le futur président doit passer un test de langue

Temps de lecture : 2 min

détail du drapeau kirghiz. benpaarmann via Flickr CC License by
détail du drapeau kirghiz. benpaarmann via Flickr CC License by

Certains citoyens qui s’indignent des fautes de grammaire de leurs gouvernants rêveraient d’un pareil scénario: la BBC nous rapporte qu’au Kirghizistan, les candidats à l’élection présidentielle du 31 octobre doivent passer un test de langue écrit et oral en public, devant des caméras de télévision, pour valider leur candidature.

Comme le rappelle le site britannique, «parler le kirghiz est un prérequis pour ceux qui se présentent à la plus haute charge depuis l’indépendance» en 1991, ce qui n’est pas le cas de tout le monde puisque «certains des hommes politiques les plus vieux ont été éduqués en russe».

Les candidats doivent affronter un test en trois parties. D’abord, écrire un résumé de leur programme présidentiel en faisant moins de cinq fautes d’orthographe ou de grammaire, puis l’expliquer à l’oral, et enfin lire un extrait d’un travail qu’ils ont précédemment publié. La BBC raconte notamment qu’un des candidats, Seitek Baigutiev, a présenté son programme sous forme de rimes… mais a été recalé par les examinateurs.

Comme l’expliquait Radio Free Europe, ces tests, décidés par la Commission centrale des élections, ont commencé le 7 septembre, à raison de cinq candidats par jour et quatre jours par semaine. Leur objectif est, grâce à l’aide de deux autres conditions (recueillir 30.000 signatures et effectuer un paiement équivalent à environ 1.600 euros), de réduire des trois-quarts le nombre de candidats, qui était de 83 sur la ligne de départ. Selon un membre de la commission, à la date du 6 septembre, 18 candidats avaient payé les frais d’inscription, et plusieurs qui ne l’ont pas fait ont manifesté devant le Parlement dans la capitale Bichkek pour protester contre les conditions d’enregistrement des candidatures.

Mi-août, le quotidien britannique The Telegraph consacrait un article à ce grand nombre de postulants au moment de la clôture des candidatures, et expliquait que cette élection s’annonçait «décisive» dans un pays qui a connu l’an dernier sa seconde révolution depuis 2005:

«C’est la première élection présidentielle depuis l’adoption d’une nouvelle Constitution qui a transféré le cœur du pouvoir du président au Parlement […] et peut-être la première en Asie centrale où le résultat n’est pas acquis d’avance.»

Parmi les favoris figurent, toujours selon le Telegraph, l’actuel Premier ministre Almazbek Atambayev et les leaders nationalistes Kamchibek Tashiyev et Adakhan Madumarov.


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Nous avions consacré en décembre 2010 un reportage en trois parties au Kirghizistan: Voyage au coeur du Kirghizistan, Le Kirghizistan, un Etat en ruines et A Och, le spectre du nettoyage ethnique contre les Ouzbeks.

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