Monde

Le 11-Septembre tel qu'on ne l'avait jamais entendu

Slate.fr, mis à jour le 09.09.2011 à 11 h 17

Un panneau avertissant de la fermeture de l'aéroport de Los Angeles, vers lequel se dirigeaient plusieurs des vols détournés, le 11 septembre 2001. REUTERS/Jim Ruymen.

Un panneau avertissant de la fermeture de l'aéroport de Los Angeles, vers lequel se dirigeaient plusieurs des vols détournés, le 11 septembre 2001. REUTERS/Jim Ruymen.

C’est le 11-Septembre tel qu’on ne l’avait jamais entendu: le New York Times a mis en ligne une infographie permettant d’écouter une série d’enregistrements de la journée des attentats, venant de la Federal Aviation Administration (FAA), du North American Aerospace Defense Command (Norad) et de American Airlines, compagnie aérienne qui a perdu deux vols ce jour-là (AA11, celui qui a percuté la première tour du World Trade Center, et AA77, celui qui a heurté le Pentagone).

Ces documents ne sont pas totalement inédits: dès la mi-octobre 2001, le New York Times, toujours lui, avait publié un article intitulé «Une nation mise à l'épreuve: les enregistrements», détaillant des propos tenus dans le ciel américain ce jour-là. Ces détails avaient ensuite refait surface au moment de la publication du rapport de la commission d’enquête sur les attentats en 2004, et on pouvait les lire ou les écouter dans des articles de presse de l’époque ou dans des documentaires. Mais leur publication audio et écrite sous une forme aussi complète et synthétique est à notre connaissance une première.

Au nombre de 26, ces enregistrements commencent à 8h13 quand le centre de contrôle de Boston perd le contact avec le vol 11, et se terminent à 10h32: alors que les quatre vols détournés se sont déjà écrasés, les autorités transmettent alors à des pilotes de chasse l’ordre du vice-président Dick Cheney d’abattre tout vol, y compris commercial, qui ne répondrait pas au centre de contrôle.

Sur ces documents, on entend par exemple, à 8h24, l’un des pirates du vol 11, Mohammed Atta, s’adresser aux passagers et membres d’équipage:

«Nous avons des avions. Restez tranquilles et tout ira bien. Nous retournons à l’aéroport.»

A 8h47, une minute après le premier crash, un employé du centre de contrôle de New York dialogue avec ses collègues:

«La tour à Kennedy affirme que le World Trade Center est en feu. Et c’est, euh, c’est l’endroit où nous avons perdu trace de l’avion.»

A 9h07, on entend des pilotes de chasse qui ont été envoyés au dessus de Long Island être redirigés sur Manhattan, alors que les deux premiers avions détournés ont déjà percuté les deux tours.

A 9h37, un avion-cargo militaire annonce à l’aéroport Reagan de Washington le crash du vol AA77 sur la capitale:

«Oui monsieur, cet appareil est tombé, il est à douze heures par rapport à nous. […] Et, euh, on dirait qu’il s’est écrasé sur le Pentagone.»

Mais le dialogue le plus stupéfiant a sans doute lieu à 9h02, au moment du crash du vol United 175 sur le World Trade Center, entre plusieurs contrôleurs aériens:

«Hey, vous pouvez regarder par la fenêtre tout de suite?
— Ouais.
— Est-ce que, est-ce que tu peux voir un mec à environ 4.000 pieds? […]
— Oui, je le vois.
— Est-ce que tu le vois en train de descendre vers le bâtiment lui aussi?
— Il descend vraiment rapidement aussi, ouais.
[…]
— Un autre vient juste de heurter le bâtiment.
— Wow.
[…]
— Sacrée fumée. Bon, je crois que vous allez être occupés, les gars.»

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