Monde

J'ai survécu au 11-Septembre

Slate.fr, mis à jour le 08.09.2011 à 17 h 36

Les attentats du 11 septembre 2001 à New York, REUTERS/Sara K. Schwittek

Les attentats du 11 septembre 2001 à New York, REUTERS/Sara K. Schwittek

Les dix ans du 11-Septembre se sont accompagnés dans les médias d’une série de témoignages et de portraits des personnes dont la vie a été fortement affectée par ce tournant tragique du 21ème siécle.

Chaque grand évènement historique comporte son lot d’histoires miraculeuses: des personnes qui ont frôlé l’Histoire de leurs doigts et, dans ce cas, s’en sont sortis indemnes. Des jeunes enfants de la classe maternelle PS-150 qui se situait à quelques centaines de mètres des Twin Towers sont revenus pour New York Magazine sur les minutes où ils se sont sentis pris au piège, observant ce qu’il se passait tout en haut des tours.

Luca se souvient avoir demandé à sa mère, à la vue de personnes qui sautaient de la tour Sud en se tenant la main, si un trampoline se trouvait au sol pour adoucir leur chute fatale. Une question qui n’a pas trouvé de réponse dans l’incertitude du moment où la première nécessité était d’évacuer le bâtiment. Un moment dont ils n’évaluaient pas alors les conséquences pour l’Amérique, leur rencontre avec le terrorisme, un mot dont ils affirment ne pas connaître la définition à ce moment-là. Adelaide a le mot de la fin :«nous faisons partie de l’Histoire.»

Puis, il y a ces témoignages de personnes qui s’en sont sorties mais n’en comprennent pas vraiment le comment ni le pourquoi, et entrent dubitativement dans le temps du recueillement, de la culpabilité et de la reconstruction.

«Ces dix dernières années, j’ai vécu en ayant l’impression d’avoir laissé ma famille derrière moi», avoue George Tabeek au quotidien du New Jersey Star Ledger, numéro deux de la sécurité du World Trade Center, «sa seconde maison». Son ancien collègue, Vic Guarnera, explique que George Tabeek continue de porter la responsabilité de la mort de ses 34 collègues car «il se sent coupable d’avoir envoyé certains de ses officiers à tel ou tel endroit ou étage.»

Ce sont 658 collègues que Howard Lutnick, à la tête de la maison de courtage Cantor Fitzgerald, a perdu le 11 septembre soit près d’un quart des victimes de Manhattan et trois quarts de ses employés. Un lourd bilan dont il ne fait pas partie grâce à «un sacré coup de bol», raconte t-il  au New York Times.  Ce jour-là, il accompagnait son fils Kyle pour son premier jour à la maternelle. «Je crois en ce que j’appelle la théorie du surfer», explique le rescapé. «Tu vois une très grosse vague arriver, mais tu continues de surfer et d’aller de l’avant. Tu ne regardes pas en arrière.»

Quatre jours après les attaques, sa décision de ne pas verser les salaires des employés morts ou portés disparus a choqué. Un choix qu’il continue de justifier – «ce sont juste des mathématiques» -: «nous avions perdu beaucoup de clients et l’argent manquait.» Sa réputation de financier intransigeant a été tempérée par les efforts qu’il a mobilisés en faveur de la commémoration de ses anciens collègues via la construction du mémorial ou pour œuvrer en leur faveur auprès du fonds de compensation des proches des victimes du 11-Septembre.

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