Life

Pourquoi la Nasa doit-elle recruter de nouveaux astronautes?

Slate.fr, mis à jour le 08.09.2011 à 12 h 37

La Station spatiale internationale, le 12 juillet 2011. REUTERS/Nasa

La Station spatiale internationale, le 12 juillet 2011. REUTERS/Nasa

Malgré la suspension temporaire du projet de «voyage dans l’espace» et malgré de nombreux départs à la retraite cette année chez les astronautes de la Nasa, un rapport soutient que l’agence spatiale américaine a toujours autant besoin de nouvelles recrues rapporte Fox News.com (le site d’information de la chaîne américaine Fox News).

Depuis quelques années, la tendance est à la réduction des effectifs à la Nasa: alors qu’en 1999 l’agence comptait plus de 150 astronautes, ils ne sont plus que 61 en 2011. D’après  le Conseil national de la recherche (NRC), 61 astronautes c’est vraiment trop peu:

«On a jamais eu autant besoin d’astronautes.» 

Pour le fonctionnement de la Station spatiale internationale tout d’abord. Fox News.com explique en effet que la Nasa est en partenariat avec la Russie jusqu’en 2020 pour l’entretien et le développement d’ISS. Or cette mission nécessite de nombreux «astronautes qualifiés», précise le rapport du NRC.

Mais aussi pour concevoir et piloter la nouvelle génération de navettes qui seront capables d’emmener des gens dans l’espace. Que ce soit pour le tourisme spatial que des entreprises privées comme SpaceX développent ou pour moderniser la célèbre capsule Orion de la Nasa, beaucoup d’astronautes vont être nécessaires dans les prochaines années.

Après de nombreuses recherches, le NRC a mis au point un «modèle» permettant de déterminer le nombre «minimal» d’astronautes que les futurs projets exigeront, sachant que la formation des nouvelles recrues dure pas moins de 5 ans selon Joe Rothenberg, un des concepteurs du rapport:

«Le modèle [...] prend en compte les travaux opérationnels classiques, le nombre de renforts nécessaires, la durée de la formation, et le régime alimentaire annuel prévu pour les 5 ans.»

Pour Rothenberg, la mise au point de ce programme d’entraînement pour futurs astronautes est une réelle «valeur ajoutée pour le pays», ce serait donc un désastre pour la Nasa et les Etats-Unis de tout arrêter:

«Si on balance tout maintenant (l’unité des astronautes), le coût serait tellement prohibitif, qu’on resterait à terre pour toujours.»

Sur Slate.fr, Pierre Barthélémy expliquait d’ailleurs au début du mois de juillet 2011 que les Etats-Unis viennent de prendre du retard par rapport à leur concurrent russe et que le «troisième acte» de la conquête spatiale finirait bien par être gagné par la Russie:

«A l'heure où elle expédie ses navettes à la retraite, la Nasa se doit de faire bonne figure, de mettre en avant ses succès. C'est pour mieux masquer une énorme défaite. Car le 20 juillet [2011] à 7h06, quand les roues d'Atlantis toucheront le sol, les Etats-Unis auront perdu la course à l'espace habité en n'ayant plus aucun moyen d'envoyer des astronautes en orbite et en devant payer quelques places assises dans les fusées russes pour au moins cinq ans.

Ce n'est pas sans ironie que l'on verra des lanceurs dont le concept remonte au temps de l'Union soviétique emporter des astronautes vers l'ISS. Vingt ans après sa mort, l'URSS remporte une victoire posthume, celle de la guerre des étoiles, un conflit qui, comme dans les films de George Lucas, s'est joué en trois actes.»

 

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte