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La prochaine mission sur Mars pourrait contaminer la planète

Slate.fr, mis à jour le 06.09.2011 à 11 h 05

Curiosity, le prochain Rover martien de la Nasa, NASA/JPL-Caltech

Curiosity, le prochain Rover martien de la Nasa, NASA/JPL-Caltech

Dans le film de série B Contamination de Luigi Cozzi (1980), une mission humaine envoyée sur Mars ramène sur Terre des organismes vivants extraterrestres qui envahissent notre planète et anéantissent notre espèce, un scénario classique des films d’horreurs ou de science-fiction.

Mais selon une récente étude de la Nasa, le scénario inverse est possible: une contamination de Mars par la Terre. C’est en s’intéressant à une nouvelle technique d’atterrissage de son robot Curiosity, qui doit se poser sur Mars en 2012, que la Nasa s’est rendu compte de la possibilité que des bactéries terrestres présentes sur les roues du robot puissent survivre au voyage et contaminer la planète rouge, rapporte le site Astrobiology Magazine.

La mission Mars Rover Curiosity va en effet utiliser une nouvelle technique impliquant un parachute et des fusées pour ralentir sa descente afin que sa «grue spatiale» puisse faire atterrir le robot Curiosity, qui fait la taille d’un 4x4, en douceur directement sur la surface de Mars.

Une technique qui diffère de celle des précédentes missions Rover, lors desquelles le robot était descendu sur une plateforme d’atterrissage où il restait quelques jours avant de rouler sur la surface de Mars. Or le temps passé sur la plateforme par le robot avant que ses roues n’entrent en contact direct avec la surface de Mars était suffisant pour que la quasi-totalité des bactéries qui auraient pu résister à la stérilisation de l’appareil par la Nasa et au voyage spatial soient détruites par le haut niveau d’ultra-violets présents dans l’environnement de la planète.

Au contraire, lors d’une simulation d’atterrissage direct dans un environnement ressemblant à la surface de Mars (rayons UV, pression et température basse, haut niveau de dioxyde de carbone), 31,7% des bactéries ont montré des signes de croissance lors du contact, même si le niveau de contamination est redescendu après 24 heures. Andrew C. Schuerger, le microbiologiste qui a mené les travaux en laboratoire, explique les résultats:

«Une roue de Rover qui reste sur une plateforme a beaucoup plus de chances d’être stérilisée avant son déploiement que lors d’un système d’atterrissage directement sur le sol.»

Mais le chercheur de l’université de Floride rappelle qu’une contamination de Mars reste improbable:

«Bien que cette étude suggère que nous pourrions transférer des bactéries sur la surface de Mars, rien n’est prouvé. Nous pourrions très bien en perdre la plupart à travers l’exposition au vide spatial, aux rayons cosmiques et aux radiations. Même si des cellules sont présentes sur une roue de Rover, elles pourraient être déjà mortes avant d’arriver sur Mars.»

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