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Nouveau revers électoral pour Angela Merkel

Temps de lecture : 2 min

Angela Merkel. Philippe Wojazer / Reuters
Angela Merkel. Philippe Wojazer / Reuters

De nouvelles élections en Allemagne sanctionnent les libéraux et le parti de Merkel, mais confortent les néo-nazis.

Le 4 septembre ont eu lieu des élections régionales dans le Mecklenbourg-Poméranie occidentale, au nord-est de l’Allemagne, le Land natal d’Angela Merkel. Les résultats sont tout en dissonance, relate avec effusion la presse allemande.

Le SPD, parti social-démocrate, est le grand vainqueur du scrutin et inflige un sacré revers au parti chrétien-démocrate de la chancelière, la CDU.

Dans cette riche année électorale, c’est la cinquième fois que le parti de la majorité gouvernementale est sanctionnée, qui «ne cache d’ailleurs pas sa déception», raconte le Spiegel. Jusqu’ici, les sociaux-démocrates du SPD étaient associés à la CDU dans la coalition au pouvoir dans cet Etat.

Cette fois-ci, le ministre-président sortant, Erwin Sellering (SPD), peut choisir son partenaire de coalition pour les cinq années à venir: l’Union chrétienne-démocrate (CDU) ou l’extrême gauche (Die Linke). Pour l'instant, tout reste encore ouvert, confie Sellering au Spiegel:

«On verra avec qui une politique social-démocrate pourra être menée au mieux.»

Dans le même temps, le score des libéraux du FDP est si bas qu’ils perdent tous leurs sièges. Un choc, largement traité dans le Frankfurter Rundschau:

«Après ce désastre électoral, le FDP est perplexe. Les mots du chef de fraction de Kiel, Wolfgang Kubici, sont durs: “On peut dire que la marque FDP a globalement coulé.” A la question de savoir quel est le rôle du nouveau secrétaire général Philipp Rösler, il répond ne “pas avoir de réponse sensée”.»

Autre contraste frappant dans les résultats: le NPD, parti d’extrême droite, perd presque le tiers de son électorat par rapport à 2006. Pour autant, il conserve six sièges, ce qui confirme sa bonne assise électorale dans la région, analyse Gudrun Heinrich, une experte de l’extrême droite, dans la Tageszeitung:

«Le parti a réussi à mener une campagne d’affichage invasive et agressive. Il y a eu peu de rues où l’on ne trouvait pas plusieurs affiches sur un seul lampadaire.»

Si les suffrages pour le NPD sont en baisse, le Spiegel, dans un autre article, attire l’attention sur d’autres chiffres plutôt alarmants:

«Les néonazis ont renouvelé leur présence dans deux Länder. Dans sept communes, le NPD a remporté plus de 25% des voix. Dimanche, ce sont 40.000 personnes qui ont coché la case du NPD, soit la population d’une petite ville.»

Il faut dire, poursuit Gudrun Heinrich, qu’on ne vote pas pour le NPD seulement en signe de protestation:

«Le parti peut désormais compter sur un électorat traditionnel (…) Mais on ne sait pas encore exactement pourquoi un individu coche telle ou telle case dans son isoloir. (…) Au-delà des convictions, d’autres éléments déterminent le moment du vote. L’idéologie n’est pas synonyme du comportement électoral. Mais il est inimaginable de voter NPD sans une certaine proximité avec les positions d’extrême droite.»

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