Monde

De l'argent public américain qui profite aux Talibans

Slate.fr, mis à jour le 02.09.2011 à 18 h 55

Un billet de cinq dollars en train de brûler  Mike Poresky via Flickr CC License by

Un billet de cinq dollars en train de brûler Mike Poresky via Flickr CC License by

Les Américains n’ont pas fini de payer les conséquences des guerres entreprises en Irak et en Afghanistan. Au sens propre. Une étude d’une commission parlementaire bipartisane révèle qu’une partie des 206 milliards de dollars investis sous forme de contrats par les Etats-Unis pour la reconstruction de ces deux pays ont été déviés de leur objectif initial en favorisant la corruption. Si bien que les contrats américains sont la seconde source de revenus des Talibans après l’argent engrangé par la production d’opium, nous rapporte CBS News.

Une partie de l'argent investi est perdue au profit des Talibans quand ces derniers menacent violemment les prestataires locaux, alors contraints à les payer pour y mettre fin. 

Toutefois, ce n'est pas la seule conclusion cinglante [PDF] auquelle le comité aboutit:

Dix années de guerre en Irak et en Afghanistan ont montré que les Etats-Unis ont recours à trop de prestataires pour trop de fonctions avec peu de prévoyance et de contrôle.

«A quoi bon dépenser des centaines de millions pour des projets qui seront laissés à l’abandon», s’inquiète Dov Zakheim, membre de la commission qui devrait disparaître en septembre 2011 alors que les interventions en Irak et en Afghanistan auront toujours cours.

«Notre conclusion est qu’il y a un immense excès de confiance à l’égard des prestataires», renchérit Robert Henke à la tête de la commission qui a enquêté pendant près de 3 ans. Ils ont estimé que près de 30 millions de dollars investis avaient été gaspillés et évalué les fraudes à hauteur de 18 milliards de dollars. La commission anticipe également que 30 millions de dollars supplémentaires pourraient être gaspillés tant les projets mis en place perdraient de leur faisabilité une fois les soldats américains partis, à l'image de la construction inaboutie de ce canal au nord-est de l'Afghanistan que détaille le Christian Science Monitor.

Pour limiter ce mauvais usage des deniers publics, la commission a dressé une liste de quinze recommandations comme la titularisation de cadres supervisant la gestion des contrats et l’abandon progressif du recours aux entreprises privées de sécurité. Selon Michael O’Hanlon, chercheur au Brookings Institute interrogé par NPR, «cela nous nuit tout en renforçant notre ennemi».

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