Économie

LA BCE a-t-elle raison de relever les taux d'intérêt?

Temps de lecture : 2 min

Jean-Claude Trichet au Forum mondiale de l'économie, le 24 janvier 2008.  World Economic Forum via Flickr CC License by

La BCE avait-elle raison de relever ses taux directeurs (son principal taux d'intérêt) en avril et en juillet dernier, comme elle l’avait fait en juillet 2008 juste avant la crise financière? Pour le magazine américain le New Yorker, la réponse est clairement négative.

Il explique en effet qu’en juillet 2008, la décision de la banque de Francfort de rehausser les taux d’intérêts a été une erreur puisqu’elle n’a fait qu’accélérer la venue de la crise. Alors que le but était de lutter contre l’inflation, le relèvement des taux a en fait précipité le monde dans la récession (il augmente mécaniquement le coût de la dette et rend tout remboursement plus difficile)et le directeur de la BCE a été contraint deux mois plus tard de les abaisser pour relancer l’économie.

Le New Yorker s’étonne alors que, dans le climat actuel de déséquilibres économiques et d’affolement sur les marchés financiers, Jean-Claude Trichet n’ait pas retenu la leçon de juillet 2008 et décide en avril 2011 de relever une nouvelle fois les taux directeurs.

Au contraire, la BCE devrait faire comme la Réserve fédérale américaine, ainsi que la Banque d’Angleterre, et maintenir ses taux à un niveau suffisamment bas pour favoriser le crédit et l’investissement. Selon James Surowiecki, journaliste au New Yorker, «ce n’est pas un mauvais jugement, mais une obsession»: Jean-Claude Trichet est «obsédé» par l’instabilité des prix.

Mais le journaliste explique que dans ce contexte de marasme économique où la crise des dettes souveraines et les faibles taux de croissance pèsent sur l’ensemble des pays européens, la peur de l’instabilité des prix n’est pas justifiée. Les gouvernements sont en effet contraints de réduire leurs dépenses, ralentissant ainsi l’activité et l’inflation. La BCE devrait donc plutôt pratiquer une politique monétaire expansionniste en abaissant les taux directeurs afin de contrebalancer l’effet de ces politiques budgétaires restrictives.

Cet appel du journaliste sera-t-il entendu? Difficile de le savoir, même si le Wall Street Journal rapportait que la BCE serait prête à ne pas continuer sa politique de relèvement des taux directeurs:

«Il se peut que le président de la BCE Jean-Claude Trichet revienne sur ses positions alarmantes concernant l’inflation, et mette en place une pause prolongée dans ce programme de hausse des taux.»

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