Économie

Quand Lagarde au FMI contredit Lagarde à Bercy

Temps de lecture : 2 min

Christine Lagarde. REUTERS/Jason Lee.
Christine Lagarde. REUTERS/Jason Lee.

«Christine Lagarde, la grande femme aux cheveux argentés, impeccablement habillée, qui dirige maintenant le Fonds monétaire international, affiche une forte ressemblance avec une ancienne ministre des Finances française également nommée Christine Lagarde. Mais à écouter leurs positions sur la relance fiscale, on pourrait vous pardonner de douter qu’il s’agit de la même personne.»

Real Time Brussels, un des blogs du Wall Street Journal, ironise sur les contradictions entre le discours de Christine Lagarde à Washington et son discours à Bercy, en rappelant que, «sans faire partie des "faucons" de la politique économique européenne», elle a été «une des architectes de la politique budgétaire française» dont le but est de ramener le déficit à 3% du PIB en 2013, «ce qui passerait difficilement pour une approche keynésienne».

Or, le week-end dernier, lors du symposium de Jackson Hole (une réunion de banquiers centraux dans le Wyoming), Christine Lagarde a estimé, comme le rapporte The Economist, que l’économie mondiale entrait «une nouvelle fois dans une phase dangereuse» dont la politique fiscale devait tenir compte en ne devenant pas trop restrictive:

«Après tout, qui croira que les engagements de coupes dans les dépenses pourraient survivre à une longue stagnation avec un chômage haut persistant et de l’insatisfaction sociale?»

Un discours que le blogueur de l’agence Reuters Felix Salmon qualifie d’«en plein dans le mille», notamment en ce qui concerne les Etats-Unis, où «le gouvernement doit aider le secteur privé à traduire les taux d’intérêt bas en croissance, parce qu'à l’heure actuelle il ressemble à un cerf pris dans des phares qui refuse d’en profiter».

Le Wall Street Journal avance en tout cas plusieurs explications à cette mutation: les contraintes institutionnelles (le pacte de stabilité et de croissance) qui pèsent sur les dirigeants européens, le fait que Christine Lagarde avait un supérieur lors de son séjour à Bercy, en l’occurrence Nicolas Sarkozy, ou la possibilité qu’elle ait simplement «changé d’avis» face à la récente dégradation des perspectives de croissance. Conclusion:

«S’il est clair qu’en tant que directrice générale du FMI Christine Lagarde a un porte-voix puissant, son double […] avait bien plus d’influence concrète sur la politique fiscale européenne.»

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