Économie

Célébrons le centenaire du néon

Temps de lecture : 2 min

En déposant il y a presque 100 ans son brevet commercial pour les tubes fluorescents — c’était en novembre 1911, Georges Claude a bouleversé nos vies nocturnes. L’invention du Edison français a eu dimanche les honneurs d’un long article de The Observer. Et pour cause : le «Néon» a réinventé la ville, quand il n’est pas simplement passé au rang d’art. Car là ou les lampes de l’inventeur américain Thomas Edison avait révolutionné l’éclairage domestique, l’utilisation des tubes fluorescents au gaz néon a changé l’art de la lumière de la rue. En «transportant le gaz dans les courbes du verre devenu lettres de l’alphabet, la lumière devenait verbale ou vocale».

Si seul le rouge est possible avec le gaz découvert à la fin du XIXe siècle, le procédé a permis – en intégrant d’autres gaz — à la palette de couleurs possibles de s’agrandir et de devenir enseigne ou publicité. Surtout aux Etats-Unis, où il a habillé les bars, les motels, les pubs pour vendeurs de voitures, etc. «Le néon, avec ses jeux de séduction dessinés et son bourdonnement qui contribue à la rumeur de la ville, symbolise la scène nocturne des villes américaines», écrit Peter Conrad.

Les plus grandes entreprises ont créé des jeux de lumières improbables et animé la réclame, s’affranchissant du bon goût : Gillette a coloré ses rasoirs en rubis et turquoise, Pepsodent surblanchi ses appareils dentaires, et les fabricants de tabacs rendu cool l’art de faire de ronds de fumée. Les cinéastes aussi ont aimé le néon. Notamment Hitchcock, rappelle the Observer. Souvenez-vous de l’enseigne du Motel Bates dans Psychose, de l’éclairage de l’appartement des meurtriers dans La Corde rythmé par un lancinant néon multicolore, ou de Vertigo.

Mais c’était bien avant que les écrans LED abolissent la nuit sur Times Square et fassent de chaque immeuble une télé XXXL, pointe Conrad.

Il était donc logique que le centenaire fasse l’objet d’un culte nostalgique. Le néon a désormais son musée à Los Angeles, le Museum of Neon Art in Los Angeles et son acronyme Mona et un magnifique Tumblr, projectneon.tumblr.com, lui est consacré. Kirsten Hively y poste des photographies amoureuses : «Follow a girl as she follows the glow» (suivez cette fille qui suit la lueur»).

Ce que fera Peter Conrad dans la suite de l’article. Vous l’aurez compris : l’auteur n’y parlera pas des tubes qui éclairent nos salles de classe et les salles de bain des hôtels bon marché…

Photos: «Cowboy», Flickr licence by 2.0 CC, Wha'ppen; «Neon», Flickr licence by 2.0 by CC, C.H.K; capture d'écran de Psychose; enseigne de la Casa Oliveira, extrait de Projectneon.tumblr.com/

Slate.fr

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