Monde

Berlin touchée par le syndrome de la voiture brûlée

Slate.fr, mis à jour le 19.08.2011 à 18 h 58

Des voitures brûlées à Berlin, le 19 août. REUTERS/Thomas Peter.

Des voitures brûlées à Berlin, le 19 août. REUTERS/Thomas Peter.

C’est la quatrième nuit, selon la Berliner Zeitung. Douze véhicules dans la seule nuit de jeudi à vendredi, et cinquante la veille. En ce moment, des dizaines de voitures sont incendiées dans plusieurs quartiers de Berlin. La police offre 5.000 euros de récompense à toute personne qui lui donnerait des informations susceptibles de résoudre l’affaire.

Faut-il voir un effet tache d’huile des émeutes anglaises? Non, et d’ailleurs, ce n’est pas nouveau à Berlin, précise la Tageszeitung:

«2009, année de tous les records. Selon les données de la police, ce sont 250 voitures qui ont brûlé. Et pour 135 d’entre elles, le motif était politique. La plupart du temps, faute de témoins ou de pistes utilisables, les enquêtes n’aboutissent pas.»

Le 18 septembre prochain, Berlin élit sa nouvelle chambre locale des députés, ce qui renouvellera, ou non, le mandat du maire-gouverneur socialiste Klaus Wowereit. Si les dégâts causés par ces nombreux incendies n’atteignent pas le niveau de gravité des événements britanniques, ils alimentent tout du moins les débats de la campagne électorale, poursuit le quotidien de gauche:

«À la chambre des députés, les différentes formations condamnent unanimement les incendies volontaires. Frank Henkel, tête de liste de la CDU [le parti conservateur de Merkel, ndlr], face à ce "vandalisme aux proportions insoutenables", a reproché son inaction à la mairie. De même, le chef de groupe des Verts Volker Ratzmann a déclaré: "Alors que toute la ville parle des incendies, ça fait longtemps qu’on n’a pas entendu le délégué aux Affaires intérieures de la mairie de Berlin."»

La chancelière Angela Merkel, elle, s’est exprimée hier, lors de la célébration des 60 ans d’existence de l’Office fédéral de police criminelle. «Le terrorisme a plusieurs visages», a-t- elle sous-entendu au cours de son discours sur la lutte contre le terrorisme international. Puis elle s’est emportée, détaille le Spiegel:

«"Qu'est-ce que c'est que ce comportement?", a-t-elle asséné. "C’est avec des vies humaines que l’on joue ici froidement". Les émeutiers ne brûlent pas seulement des voitures, mais parfois aussi des poussettes garées dans les halls d’immeuble. C’est pourquoi, selon elle, il est impératif que le gouvernement intervienne et que les moyens de police soient renforcés.»

Une erreur, regrette le politologue Hans-Gerd Jaschke, interviewé par la Tageszeitung dans un autre article. Pour lui, il serait plus sage de décrypter le message envoyé par les incendiaires.

«Même si quelques uns profitent certainement de la situation, les raisons d’allumer le feu sont multiples: la hausse des loyers et la gentrification de la ville, par exemple. Mais ce n’est pas à rapprocher des motifs londoniens, beaucoup plus orientés sur la misère sociale et la consommation. Les émeutiers, là-bas, semblent plus agir selon ce slogan: "Nous reprenons ce qui, en fait, nous appartient."»

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