Monde

Après les drones, les robots guerriers sur terre et sur mer

Slate.fr, mis à jour le 19.08.2011 à 15 h 29

Explosive Ordnance Disposal Mobile Unit 5/Marion Doss via Flickr CC.

Explosive Ordnance Disposal Mobile Unit 5/Marion Doss via Flickr CC.

Après les drones dans les airs, place aux robots terrestres et maritimes de combat, prévient le Wall Street Journal. La guerre entièrement technologique et sans mort, pour les Etats-Unis, rêvée par les stratèges du Pentagone est en train de prendre forme et de devenir une réalité.

Le symposium de l’AUVSI, l’association internationale pour les robots et les drones, qui s'est tenu du 16 au 19 août 2011 à Washington en est une démonstration. Le Wall Street Journal souligne l’évolution récente et rapide du «sérieux business» de la robotique, notamment celle à vocation militaire.

Dans une sorte de cage, des mini-drones pesant quelques centaines de grammes sont en démonstration. Il y a aussi un bassin qui permet d’observer des robots aquatiques en action comme le Seaglider utilisé dans le golfe du Mexique pour surveiller l’évolution de la fuite de pétrole brut. Plus loin, un terrain aménagé «ressemblant à un skatepark» sert de parcours d’obstacles aux robots terrestres. L’auteur de l’article, le spécialiste des questions de défense Nathan Hodge, exprime son ressenti ainsi:

«Lorsqu’on découvre l’œil électronique aux contours sombres du Modular Advanced Armed Robotic System (MAARS),  il est difficile de ne pas penser à Skynet, cet ordinateur de fiction dans les films Terminator qui, une fois devenu conscient de sa propre existence, envoie une armée de robots exterminer l’espèce humaine. »

Le MAARS conçu par QinetiQ voit la nuit et dispose d’un lance-grenades multiple ainsi que d’un fusil mitrailleur d’un calibre de 7,62 mm. Cette machine peut «servir de garde à un checkpoint, tenir les gens à distance grâce à une sirène de type police, utiliser un laser non-aveuglant, des gaz lacrymogènes ou des grenades fumigènes, et en dernier lieu, elle peut tirer à balles réelles».  

D'ores et déjà, de nombreux systèmes contrôlés à distance sont employés comme armes de guerre. Le drone Predator tue des insurgés au Pakistan ou au Yémen. Au Japon, des drones militaires surveillent la centrale nucléaire dévastée de Fukushima. Mais les chercheurs militaires s’intéressent de plus en plus à la robotique maritime, notamment pour la chasse aux mines. «Les systèmes terrestres et maritimes sont de plus en plus demandés», affirme Gretchen West vice –présidente de l’AUVSI.

Joe Dyer, haut-responsable chez iRobot, une société qui conçoit notamment des robots démineurs, imagine ainsi le futur:

«Un navire qui doit s’approcher d’un pays ennemi pourra, avant d’arriver, lancer des robots pour gérer les menaces sous-marines. Il pourra aussi envoyer des embarcations robotisées chargées de débarquer des robots terrestres, ainsi que des drones pour la surveillance aérienne. Vous aurez donc une vue du champ de bataille sur 360 degrés. »

Pour le moment, les robots ne représentent qu’une petite fraction des dépenses militaires, mais elle ne cesse d’augmenter. Selon les prévisions du Teal Group, une société de conseil dans l’aéronautique et la défense, les dépenses mondiales pour l’équipement robotique, actuellement situées autour de 6 milliards de dollars annuels, devraient atteindre «11,3 milliards de dollars à la fin de cette décennie».  

L’AUVSI cherche aussi à développer l’usage des drones et autres robots dans le monde civil. Selon FlightGlobal, à l’automne 2011, l’association va suivre de près le dossier de «l’autorisation des drones dans l’espace public par l’administration américaine de l’aviation», en espérant «faire rapidement évoluer les choses».

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