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L'addiction redéfinie comme une maladie

Slate.fr, mis à jour le 18.08.2011 à 15 h 10

Cigarette/Tomasz Sienicki via Wikimedia Commons

Cigarette/Tomasz Sienicki via Wikimedia Commons

Une nouvelle définition de l’addiction a été élaborée par The American Society of Addiction Medicine (ASAM) cette semaine, rapporte le Los Angeles Times. Elle résulte d’un travail intensif effectué pendant quatre ans par plus de 80 experts, précise l’International Business Time.

C’est la première fois que l’ASAM prend clairement position en ne considérant pas l'addiction comme «un simple problème comportemental impliquant des excès d’alcool, drogues, jeux ou sexe» mais comme «une maladie du cerveau survenant spontanément, non associée à quelconque facteur antérieur» (primary disease).

Les proches des «addicts» ont souvent tendance à penser qu’ils souffrent de problèmes comportementaux, liés à la/aux substance(s) dont ils sont dépendants. Mais l’ASAM affirme que cette idée est fausse:

«Ces comportements extérieurs sont le reflet d’une maladie profonde qui implique plusieurs aires du cerveau.»

L'addiction ne peut donc pas être définie comme l’acte de se jeter sur un paquet de chips, de boire une bouteille d'alcool en entier ou de tirer une longue bouffée de cigarette, raconte le Los Angeles Times. Ces actions seraient les conséquences de manques dans le cerveau: il ne s’agirait pas d’ «un problème social ou moral» mais bel et bien d’un problème médical.

L’addiction a donc été placée au rang de maladie, ceux qui en sont atteints ayant besoin de soins au même titre que les personnes atteintes de pathologies cardiovasculaires, par exemple. L’ASAM conseille à ce titre d’«arrêter de moraliser, de blâmer, de contrôler ou de se moquer des personnes atteintes de la maladie que constitue une addiction, et de favoriser les chances pour les familles et les personnes concernées de se faire aider et assister dans le choix d’un traitement approprié.»

La professeure Nora Volkow, directrice du National Institute on Drug Abuse, a très bien accueilli cette nouvelle définition, en pointant ses nombreux avantages, rapporte l’International Business Times: 

«Il y a un risque de frustration face aux rechutes. […] C'est pourquoi les médecins et les familles doivent savoir que cela est courant dans les maladies chroniques.»

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