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Les dirigeants politiques peuvent-ils partir en vacances?

Slate.fr, mis à jour le 16.08.2011 à 18 h 30

Photo: Nicolas Sarkozy et Carla Bruni au trophée de voile de Virginio Bruni-Tedeschi, le 13 avril 2009. REUTERS/  Jean-Paul Pélissier

Photo: Nicolas Sarkozy et Carla Bruni au trophée de voile de Virginio Bruni-Tedeschi, le 13 avril 2009. REUTERS/ Jean-Paul Pélissier

Les vacances 2011 des politiques sont mouvementées: pendant les récentes émeutes de Londres, presque tout le gouvernement britannique, David Cameron en tête, était en vacances, et la plupart des dirigeants de la zone euro l'étaient aussi pendant le mouvement de panique sur les marchés financiers, comme le rappelle le site américain The Atlantic Wire. Ces dirigeants devaient-ils rester et ne pas partir en vacances, ou du moins se coordonner pour que certains d'entre eux restent? C’est la question que pose la chercheuse Rosabeth Moss Kanter sur le blog de l’Harvard Business Review.

Les dirigeants ont-ils le droit de prendre des vacances?

Pour répondre à cette question, elle ne fait pas appel à des «raisons culturelles» (comme le fait que les Européens partent en général plus en vacances que les Américains), puisque selon elle il n’y a pas de norme préétablie concernant la durée optimale des vacances. Pour elle, «les pauses ressourcent», et tout le monde, même les chefs d’Etat, a besoin de prendre des jours de congé pour se reposer, passer du temps en famille et prendre du recul. Rosabeth Moss Kanter affirme même que les vacances sont bénéfiques pour la créativité et le travail:

«Passer du temps loin du travail à faire de nouvelles expériences est un bon moyen de stimuler son imagination et de faire des innovations.»

Y a-t-il une bonne période pour partir en vacances?

Selon elle, la question du contexte est importante. Il est difficile pour des dirigeants de partir en pleine période de crise politique ou économique. Quand la situation l’exige, quand il y a des décisions à prendre, les chefs d’Etat tout comme les dirigeants d’entreprise doivent rester à leur poste et assumer leurs responsabilités:

«Même si prendre des vacances est une bonne chose, ajuster ses vacances pendant les périodes critiques est une preuve de responsabilité et montre que les dirigeants sont lucides et alertes.»

Selon Rosabeth Moss Kanter, quand le contexte n’est pas bon, les dirigeants doivent rester puisque leur rôle est de rassurer et d’éviter qu'un effet de panique se propage:

«Les dirigeants doivent clairement préciser leurs intentions et prévoir ce qu’il va se passer. Quand ils ont des rôles clés, ils doivent aussi rassurer tout le monde, être joignable et même annuler leurs vacances si c’est nécessaire.»

The Atlantic Wire rappelle par exemple que Nicolas Sarkozy est rentré de vacances dès qu’il a su que des rumeurs concernant la dégradation de la note française circulaient.

Les vacances sont-elles porteuses d’un symbole?

Pour les dirigeants politiques, bien choisir ses vacances est aussi un moyen de transmettre un message politique important. Etre en contradiction avec ses déclarations renvoie une image politique désastreuse: ce serait par exemple le cas d'un dirigeant qui se dirait pour la protection de l'environnement et passerait ses vacances sur un yacht, ou d'un autre qui prendrait des mesures d’austérité avant de partir en vacances dans un hôtel de luxe. Selon Rosabeth Moss Kanter, «les chefs politiques ne peuvent pas séparer leur action publique et leur vie privée».

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