Economie

FMI: l'affaire Nagy a-t-elle influé sur la gestion de DSK?

Slate.fr, mis à jour le 16.08.2011 à 11 h 12

Dominique Strauss-Kahn. World Economic Forum via Flickr CC License by

Dominique Strauss-Kahn. World Economic Forum via Flickr CC License by

Le magazine américain Bloomberg BusinessWeek consacre une longue enquête au mandat de Dominique Strauss-Kahn à la tête du FMI, et spécialement à la façon dont l’affaire de sa liaison avec l’économiste hongroise Piroska Nagy a pu affecter sa gestion, de la crise financière au plan d’aide à la Grèce:

«En tant que patron du FMI, il a été capable de manoeuvrer avec compétence —certains disent brillamment— le Fonds à travers une crise économique mondiale, tout en se conduisant lui-même avec les femmes d’une manière que même ses collègues ont jugé inconvenante.»

BusinessWeek a notamment interrogé des membres du FMI sur l’affaire Nagy. Un ancien administrateur du Fonds affirme ainsi que l’affaire a constitué «une terrible diversion à une époque où la crise financière requérait l’énergie et la concentration de tous les membres», tandis qu’un ancien cadre dirigeant explique que «le dommage causé par Strauss-Kahn était irréparable, spécialement pour une organisation qui fait la leçon aux gouvernements du monde entier sur les mesures d’austérité et le serrage de ceinture fiscal».

«A un moment, le chef d’un des bureaux étrangers du FMI s’est vu avertir par un membre des ressources humaines de ne pas laisser Strauss-Kahn seul dans une pièce avec une femme», révèle également BusinessWeek, alors qu’un autre cadre du FMI observe qu’il est devenu beaucoup plus «assuré» dans sa gestion de la crise après la fin de l’enquête interne sur cette liaison, qui s'était conclue par un simple blâme.

L’affaire Nagy avait été révélée par le Wall Street Journal le 18 octobre 2008, quelques jours avant la remise au FMI d'un rapport par le cabinet d'avocats Morgan, Lewis & Bockius, et en pleine tourmente financière.

A l’époque, le quotidien financier expliquait que la gestion de l’affaire par le FMI provoquait des critiques en interne car «tous les membres du conseil d’administration n’avaient pas été mis au courant des accusations» avant qu’il ne les contacte pour obtenir des réactions. Le journal ajoutait:

«Certaines critiques internes pointent que les membres qui avaient connaissance des accusations auraient pu être en position d’utiliser cette information comme un point d’appui dans les débats avec M. Strauss-Kahn sur la politique et les financements à mener.»

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