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«L'aspect érotique» de la bise choque certains Allemands

Slate.fr, mis à jour le 16.08.2011 à 11 h 18

Nicolas Sarkozy embrasse Angela Merkel lors d'un sommet européen à Bruxelles. REUTERS/Philippe Wojazer.

Nicolas Sarkozy embrasse Angela Merkel lors d'un sommet européen à Bruxelles. REUTERS/Philippe Wojazer.

Faire la bise, cette habitude venue d’Italie, de France et d’Amérique du Sud, n’est pas inscrit dans la tradition allemande. La société de conseil Knigge, spécialisée dans les comportements sociaux et l’image, condamne le geste dans le milieu professionnel, raconte BBC News. En effet, selon le Daily Mail, «dans une société où les règles sont plus rigoureuses que dans d’autres, [le fait de faire la bise] a heurté bien des sensibilités».

Embrasser son collègue sur les deux joues serait donc très mal vu par un certain nombre d’Allemands. Hans-Michael Klein, le président de Knigge, a raconté à la BBC que la société de conseil a reçu cinquante mails de travailleurs se plaignant de l’augmentation de la pratique de la bise sur leur lieu de travail. Il propose donc une solution:

«Nous devons protéger les gens qui ne veulent pas être embrassés. […] Nous suggérons donc que les personnes qui ne souhaitent pas recevoir de bise l’annoncent par un petit message placé sur leur bureau.»

La société prône la poignée de main traditionnelle, signe de distance, de courtoisie et de respect. Selon Klein, une «"zone de distanciation sociale" d’un mètre devrait être maintenue».

L’explication se trouve dans le fait que faire la bise aurait une connotation sexuelle:

«La plupart des gens n’aiment pas ça. Ils sentent qu’il y a, en un certain sens, un aspect érotique. C’est une forme de contact physique qui peut être utilisée par un homme qui voudrait se rapprocher d’une femme.»

Ainsi, ce geste, considéré comme faisant partie des fondamentaux de la politesse française, ne fait pas partie de la culture allemande, où, déjà à l’école, «on apprend aux enfants à garder une distance comme marque de respect lorsqu’on rencontre un étranger».

Bien qu’il ait affirmé à la BBC être conscient que l’on ne puisse réellement supprimer la bise, le président de Knigge est allé jusqu’à qualifier le geste de «forme de terrorisme», rapporte le Daily Mail.

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