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La Turquie donne deux semaines à Bachar el-Assad pour en finir avec la révolte

Temps de lecture : 2 min

Les manifestants utilisent leurs chaussures pour frapper l'affiche du président de la Syrie, Bachar Al-Assad lors d'une manifestation devant l'ambassade de Syrie à Ankara, le 10 juin 2011 Umit Bektas/REUTERS
Les manifestants utilisent leurs chaussures pour frapper l'affiche du président de la Syrie, Bachar Al-Assad lors d'une manifestation devant l'ambassade de Syrie à Ankara, le 10 juin 2011 Umit Bektas/REUTERS

La Turquie avec l'aval des Etats-Unis aurait donné jusqu'au 27 août à Bachar el-Assad pour mater la révolte populaire en Syrie et lancer des réformes institutionnelles selon le site Debkafile. Cette décision ferait suite à la rencontre de six heures au début de la semaine entre Bachar el-Assad et le ministre turc des affaires étrangères, Ahmet Davutoglu. Le dirigeant syrien a affirmé à son interlocuteur que la révolte était menée essentiellement par des Islamistes extrêmistes et notamment les Frères musulmans.

Le quotidien turc Hurriyet accrédite cette thèse d'un dernier répit donné à Damas en faisant part de la remise d'une lettre du Président turc Abdullah Gul à Bachar el-Assad, qui est un ultimatum demandant rapidement la fin des violences contre les manifestants.

«Jusqu'à maintenant, nous avons essayé de convaincre les nations occidentales de donner à Assad plus de temps pour mener des réformes. Nous sommes aussi amicaux que nous le pouvons - nous avons tenu des réunions ministérielles communes et avons annulé le besoin d'un visa pour entrer en Turquie de Syrie», aurait écrit Abdullah Gul selon Hurriyet. Il aurait ajouté: «Mais si le régime syrien n'écoute pas nos conseils, en tant qu'ami et voisin, et continue à tirer sur son peuple, nous ne pourrons plus être amis».

La Turquie a décidé d'accorder une dernière chance à Bachar el-Assad. Mais s'il ne suit pas les «recommandations turques», Ankara reprendra les discussions avec Washington au sujet d'une possible intervention militaire en Syrie. Ankara a mobilisé vendredi 12 août des officiers réservistes et les a envoyé à la frontière syrienne notamment pour faire face à l'afflux de réfugiés.

Il est de toute façon difficile de faire confiance au Hassad. Mardi 10 août, le régime syrien avait invité le ministre turc des affaires étrangères et des journalistes (pas étrangers, ils sont persona non grata en Syrie) a voir par eux-mêmes le retrait des chars de la ville de Hama qui a été le théâtre de la répression la plus sanglante. A peine Ahmet Davutoglu était parti, les chars étaient de retour dans les rues.

Des milliers de personnes sont d'ailleurs encore descendues dans les rues vendredi 12 août dans les villes de Homs, Hama, Damas, Deir al-Zour, Alepp et Idlib non loin de la frontière turque. A de nombreux endroits, les forces de l'ordre ont ouvert le feu sur les manifestants et auraient au moins tué 20 personnes et blessé des dizaines d'autres. Selon un docteur cité par la BBC, «tout médecin découvert en train de soigner un blessé par balle est immédiatement arrêté».

Slate.fr

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