Economie

La crise économique mènera-t-elle à une Troisième Guerre mondiale?

Slate.fr, mis à jour le 12.08.2011 à 14 h 15

1954 - eleven megaton/x-ray delta one via Flickr CC.

1954 - eleven megaton/x-ray delta one via Flickr CC.

Certains analystes, des «gens sérieux», commencent à réaliser que nous sommes peut-être sur la voie d’une Troisième Guerre mondiale, constate Business Insider.

Le site d’information économique s’appuie sur le communiqué officiel de l’agence de notation Standard & Poor’s (S&P) relatif à la dégradation de la note de la dette américaine, qui met particulièrement l’accent sur «l’incapacité du système politique américain» à gérer la crise. C’est donc la perspective de «l’aggravation du mauvais fonctionnement politique» qui a motivé cette décision, et non les «défis économiques en cours». Pour Business Insider, cette situation va se détériorer:

«Les répercussions politiques, et même géopolitiques,  de ce défi [économique] ne vont cesser de croître.»

Business Insider cite ensuite un article de John Judis publié dans The New Republic dans lequel le journaliste explique qu’une «dépression» plus longue et plus grave que ce qu’il était attendu semble désormais quasiment impossible à éviter, et qu'elle serait accompagnée de «bouleversements géopolitiques et d’un effondrement des institutions». Il évoque l’essor des «mouvements populistes d’extrême-droite» en Europe et aux USA, l’éventualité «de guerres économiques, d'une intense compétition sur les ressources naturelles et l’éventuel effondrement d’institutions comme l’Union européenne ou l’Organisation mondiale du commerce, et même la possibilité d’un conflit armé».

Un retour aux années 30

Business Insider se réfère aussi à un article du Telegraph intitulé «Ça commence vraiment à ressembler à 1931». Selon ce papier, la seule différence avec cette année-là, c’est que «la réaction en chaîne post-faillite a été évitée grâce aux différent renflouements». Même si les pays ne «ferment pas leurs frontières et n’arment pas leurs soldats», il existe néanmoins «des tensions entre pays européens jamais vues depuis des dizaines d’années».

Le site d’information économique est particulièrement pessimiste concernant le Vieux continent: «Il est de plus en plus évident que l’Europe sera bientôt incapable, ou ne voudra pas, continuer à renflouer les pays ayant un problème de dette.» Pour les Etats-Unis, les perspectives ne sont pas bonnes non plus. «Cette situation ne pourra pas perdurer», prévient Business Insider avant d’y aller de ses prédictions:

«Dans les prochains mois, nous constaterons que la dégradation par S&P a été "trop peu, trop tard", plutôt que le contraire. L’eurozone va éclater. La crise politique américaine va s’aggraver, le «super-comité» du Congrès va échouer.»

En France aussi, certains spécialistes préviennent que l’humanité pourrait, une fois de plus, sombrer dans un conflit mondial. Philippe Dessertine, professeur de finance et de gestion, a publié en 2011 un livre sur l’économie intitulé Le monde s'en va en guerre (ne sait quand reviendra). Dans une interview accordé au journal Sud Ouest, il explique que l’éclatement de la zone euro provoquerait un cataclysme:

«Aujourd'hui, les partis extrémistes disent qu'il faut abandonner l'euro. Ce serait disloquer la communauté économique mondiale et assumer un risque de guerre. En 2008, des apprentis sorciers étaient à la tête des États-Unis et ont pensé pouvoir lâcher Lehman Brothers et le système entier a failli basculer. L'euro, c'est Lehman Brothers à la puissance 50.»

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