Economie

Si les investisseurs craquent, la dépression des années 1930 n'est pas loin

Slate.fr, mis à jour le 11.08.2011 à 11 h 57

Jeunes manifestants espagnols, Puerta del Sol à Madrid,le 22 mai 2011, contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement socialiste. REUTERS/Paul Hanna

Jeunes manifestants espagnols, Puerta del Sol à Madrid,le 22 mai 2011, contre les mesures d'austérité prises par le gouvernement socialiste. REUTERS/Paul Hanna

La crise financière de 2011 n'est pas sans similitudes avec celle de 1929. C'est en tout cas ce qu'écrit sur le site de CNN le professeur Charles R. Geisst, spécialiste de l'histoire financière et auteur de 18 livres dont le dernier est une histoire de Wall Street.

Pour Charles Geisst, en 1929 c'est un effondrement du marché boursier et une crise de la dette qui ont conduit à la grande dépression et il a fallu dix ans à l'économie mondiale pour commencer à s'en remettre… et plonger dans la guerre.

Tout cela parce que la confiance dans le système financier s'était effondrée en quelques semaines. Plus personne ne voulant financer les sociétés et les Etats, les économies se sont enfoncées dans une spirale récessioniste: le chômage de masse faisait s'effondrer la consommation ce qui conduisait les entreprises à la faillite et faisait augmenter le chômage.

Le Christian Science Monitor souligne qu'une dégringolade de 1147 points de l'indice Dow Jones de la Bourse de New York en trois jours, commence à sérieusement ressembler à un krach, même si en pourcentage la baisse de 9,1% n'est pas comparable aux 22,6% de baisse en une seule séance lors du fameux jeudi noir du 29 octobre 1929.

Autre différence, dans le monde de 2011, retirer ses avoirs du système bancaire et mettre son argent sous son matelas n'est tout simplement pas une option. Mais la confiance des investisseurs envers les entreprises, les banques et les Etats a été sérieusement ébranlée. 

Si les investisseurs «estiment qu'il n'y a aucun marché sur lequel il est possible d'investir sans y laisser sa chemise, les conséquences seront comparables à celles des années 1930. Les marchés détestent l'incertitude et les investisseurs détestent voir leur fortune partir en fumée à cause de mauvaises décisions politiques» écrit Charles Geisst.

Dans la même veine, Mother Jones estime que l'incapacité des gouvernements a apporter une vraie réponse collective à la crise de la dette n'est pas sans rappeler les errements et le chacun pour soi qui ont conduit à l'effondrement de l'économie mondiale dans les années 1930.

«La croissance future dans tous les secteurs de l'économie dépend au final des investisseurs. Leur crainte se reflète aujourd'hui dans l'envolée des prix de l'or, la dégringolade rapide des marchés d'actions et l'affaiblissement des marchés obligataires… Dans les années 1930, l'investissement en capital était tombé à des niveaux dérisoires ce qui explique pourquoi la dépression a duré aussi longtemps. L'investissement est aussi très faible aujourd'hui et ne repartira pas tant que l'environnement restera aussi incertain», conclut Charles Geisst.

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