Monde

L'intelligence expliquée à 50% par la génétique

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2011 à 18 h 56

DNA, RambergMediaImages via Flickr, CC-Licence-by

DNA, RambergMediaImages via Flickr, CC-Licence-by

De nouvelles avancées en génétique permettent d’affirmer que les variations de l’intelligence sont déterminées à 50% par des différences dans les gènes. C’est ce que révèle le Guardian à la suite de la publication d’une étude sur plus de 3.000 individus.

Alors qu’on a l’habitude de penser que l’intelligence découle d'un ou deux gènes «intelligents», on vient de découvrir qu’elle serait en réalité le résultat de la participation de plusieurs centaines ou milliers de gènes, chacun d’eux contribuant pour une infime part à la constitution de notre intelligence.

Pour tester cette idée, les chercheurs ont étudié les séquences d’ADN de 3.511 personnes dont un seul nucléotide change, ce qu’on appelle en génétique «le polymorphisme nucléotidique». Ils ont ensuite relié ces variations de nucléotides aux performances intellectuelles par deux types de tests: le premier permettant de mesurer la connaissance ou mémoire vive grâce à des exercices de vocabulaire, le deuxième évaluant les aptitudes à résoudre des problèmes.

Ils ont ainsi établi que près de 40% des différences concernant la mémoire instantanée et près de 51% des variations dans les aptitudes de résolution s’expliquent par des variations de séquences ADN.

Le professeur Ian Deary de l’université d’Edimbourg, en charge de l’étude, conclut :

« C’est la première fois que l’on montre biologiquement que l’intelligence humaine est hautement polygénique (déterminée par de nombreux gènes) et que les polymorphismes d’un seul nucléotide  peuvent expliquer l’intelligence.»

Selon lui, les prochains travaux à mener devront avoir pour objectif d’identifier avec précision les principaux gènes qui contrôlent l’intelligence. Mais s’ils sont des milliers, ce qui est très probable, la tâche risque d’être longue et fastidieuse, voire même impossible.

Une autre question, que pose le magazine hebdomadaire US News & World Report, et liée à l’autre moitié encore inexpliquée de l’intelligence, reste aussi en suspens: quel est le rôle des facteurs environnementaux tels que la famille ou l’école? Permettent-ils d’expliquer cette zone d’ombre?

Pour Peter Visscher, le co-auteur d’une étude qui sera publiée le 12 août dans le journal Molecular Psychatry, citée dans US News & World Report, les facteurs liés à l’environnement familial et scolaire ont leurs propres limites, même s’ils ont un impact indéniable :

«De mon point de vue, je peux vous dire que quel que soit le nombre de cours particuliers que j’ai eu dans mon enfance, et j’en ai eu beaucoup, je doute que j’aurais pu devenir un jour commerçant… ou même Einstein.»

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