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Aux Etats-Unis, des chiens «thérapeutiques» ont le droit d'entrer au tribunal

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2011 à 15 h 10

un golden retriever. sonjalovas via Flickr CC License by

un golden retriever. sonjalovas via Flickr CC License by

Le meilleur ami de l'homme est maintenant encouragé à venir exprimer son affection pour les humains au tribunal. Certaines races de chiens sont en effet utilisées dans les salles d’audience aux Etats-Unis afin de favoriser les témoignages difficiles, d’après le New York Times.

C’est le cas d'une golden retriever nommée Rosie, qu’on a récemment pu voir dans le box des témoins, aidant une jeune fille à déposer contre son agresseur, Victor Tohom, qui l’avait violée à plusieurs reprises de 10 à 14 ans, selon le quotidien local Poughkeepsie Journal. Par sa présence réconfortante, ce chien de thérapie dressé pour accompagner les malades et pour apaiser leur traumatisme, a encouragé la jeune fille à témoigner des faits qu'elle affirme avoir subis.

Cependant, la participation des chiens dans la résolution de certaines enquêtes ne va pas sans soulever de nombreuses interrogations. Les avocats de la défense ont en effet émis de nombreuses objections et ont décidé de faire appel afin de faire annuler la condamnation à 25 ans de prison. Selon eux, la présence de ce chien a «rendu le jugement injuste» et porté atteinte aux droits constitutionnels de l’accusé: cet animal de compagnie peut attendrir les jurés, qui font alors moins attention à la cohérence et à la véracité du témoignage.

L’avocat de la défense, David S. Martin, a déclaré à ce propos, selon le New York Times:

«A chaque fois qu’elle le caressait, un signal inconscient était envoyé au jury indiquant que son stress était lié au fait de dévoiler la vérité.»

De plus, en apaisant les intervenants chez qui ils détectent du stress, ces chiens les aident à parler, que les témoins aient choisi de dire la vérité ou de mentir. Le chien ressent leur appréhension et la soulage instinctivement, mais il ne sait pas si celle-ci est liée à la peur bien compréhensible de faire face à l’accusé, ou si elle est liée à l’angoisse de mentir.

Malgré ce débat épineux qui a pris de plus en plus d’ampleur, ce n’est pas la première fois que des chiens de thérapie sont utilisés dans les affaires pénales. Selon le New York Times, de nombreux Etats font appel à eux pour apaiser les témoins fragiles, notamment dans l’Arizona, l’Idaho ou l’Indiana. En 2003, un chien nommé Jeeter avait été le premier autorisé à être présent dans une salle d’audience pour une affaire d’agression sexuelle à Seattle.

Dans l'affaire Tohom, le procureur, Matthew A. Weishaupt, a en tout cas tranché en faveur de l’accusation en rejetant l'appel. Pendant ce temps, Rosie était déjà occupée par une autre affaire de viol…

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