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Quelle était l'arme utilisée par les Talibans pour abattre l'hélicoptère américain?

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2011 à 15 h 22

Vermont Guardsmen and Afghan troops.../The National Guard via Flickr CC.

Vermont Guardsmen and Afghan troops.../The National Guard via Flickr CC.

La chute de l’hélicoptère Chinook dans la province de Wardak en Afghanistan, le 6 août 2011, qui a entraîné la mort de 38 personnes dont 19 membres des forces spéciales américaines Navy SEAL, a peut-être été causée par une nouvelle arme artisanale d’abord développée en Irak, rapporte le blog Danger Room du magazine américain Wired.

«C’est peut-être le signe que les insurgés continuent d’avoir la capacité d’intégrer de nouvelles armes», estime Danger Room tout en soulignant la «vulnérabilité» des indispensables hélicoptères utilisés par les Etats-Unis et leurs alliés. Le bilan de cet accident est le plus grave depuis le début de la guerre en 2001.

Un officiel afghan, resté anonyme, a déclaré à l’AFP que «les talibans savaient quel itinéraire allait suivre l’hélicoptère» et ont ainsi pris position de «part et d’autre de la vallée». «C’était un piège organisé par un commandant taliban», affirme la source. Selon le communiqué officiel de la coalition, l’appareil aurait été «visé par une roquette», mais sans précision sur sa nature exacte.

D’après une source militaire interrogée par Danger Room, il pourrait s’agir d’un modèle particulier de roquette «improvisée» appelé IRAM, pour Improvised Rocket-Assisted Mortar («mortier-roquette improvisé») qui a fait ses débuts en Irak, en 2008, «mais pas pour attaquer des hélicoptères».

L'IRAM consiste en un assemblage de tubes de mortier permettant le lancement de roquettes, le plus souvent déclenché à distance. Les IRAM ont tués plusieurs soldats américains en Irak, dont six dans une attaque en juin 2011, mais ces armes étaient jusqu’alors peu utilisées en Afghanistan.

Pour Danger Room, c’est un développement important:

«L’apparition de cette arme dans la province de Wardak, si cela se confirme, pourrait être la preuve que les insurgés continuent d’avoir la capacité à s’adapter et innover malgré l’ampleur de leurs pertes.»

Les lance-roquettes improvisés sont connus pour leur imprécision, mais l’utilisation de charges explosives plus puissantes, comme dans le cas des IRAM, rend ce genre d’armement «beaucoup plus destructeur» quand il touche sa cible.

Un «coup de chance»

Lundi, l’armée américaine a déclaré que le Chinook avait était abattu par les insurgés grâce à un «coup de chance», rapporte le San Francisco Chronicle. Selon le journal californien, le Pentagone chercherait à minimiser la portée de l’accident et à «calmer les craintes sur les vulnérabilités de ses hélicoptères».

C'est qu'il n’est pas si difficile d’abattre un hélicoptère. En effet, ces aéronefs sont «lents et volent bas, et sont donc vulnérables aux attaques depuis le sol», explique Danger Room.

Malgré l'installation de meilleurs systèmes de navigation, et même parfois l'ajout de capacités furtives (comme l’appareil utilisé dans l’opération pour tuer Ben Laden), les hélicoptères des forces spéciales «n’encaissent pas mieux que les autres un tir direct». De plus, face à des roquettes simples non-guidées, aucune contre-mesure n'est possible à part la manœuvre d’évitement, impossible à effectuer quand l’appareil vole près du sol, à pleine charge.

Malgré ce crash, en l’état actuel des technologies aéronautiques et sans réseau routier adapté, «rien ne pourra faire baisser la demande d’appareils à voilure tournante» en Afghanistan, conclut le blog de Wired.

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