Culture

On a retrouvé la «jeune fille au baiser» d'Elvis

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2011 à 11 h 31

Détail de «The Kiss» de Al Wertheimer (Vanity Fair)

Détail de «The Kiss» de Al Wertheimer (Vanity Fair)

Le magazine américain Vanity Fair a retrouvé la jeune femme qui figure sur une des photos les plus célèbres de l’histoire du rock, The Kiss, d'Al Wertheimer: on y voit, en juin 1956, dans l’escalier d’une salle de spectacles de Richmond (Virginie), le jeune Elvis Presley et une jeune femme blonde toutes langues dehors.

Celle-ci, qui s’appelle Barbara Gray et travaille dans l’immobilier en Caroline du Sud, a décidé de révéler son identité, cinquante-cinq ans après, après avoir contemplé pendant des années son image dans des livres, des magazines ou sur des produits dérivés:

«Ma petite-fille est allée un jour à Graceland et à ramené une tasse à café, un petit panier à déjeuner et une horloge, toutes avec cette photo dessus.»

Mariée à quatorze ans, divorcée à dix-sept, la jeune femme travaillait à l’époque comme vendeuse dans un magasin de chaussures et était danseuse dans un club. Un peu ivre, elle a appelé un soir Elvis à son hôtel pour obtenir un rendez-vous et a passé plusieurs heures avec lui.

Interviewée par la chaîne NBC, entretien dont le Guardian rapporte des extraits, elle a raconté comme suit cette rencontre, que Vanity Fair décrit aussi en détail:

«C’était un gamin vraiment drôle, très dingue, nous courions dans tous les sens en nous pourchassant, nous étions jeunes. Il m’a coincée dans un coin du hall en me demandant si je voulais aller au Steven Allen Show avec lui et j’ai répondu: "Non, je suis en route pour Philadelphie pour voir mon petit ami." Il a pris cela comme un défi.»

«Aussi mythique que Le Baiser de Doisneau»

La scène du baiser qui s’ensuit a été résumée en ces mots, en 1994, par l’écrivain Peter Guralnick dans sa biographie de référence d’Elvis, Last Train to Memphis:

«Le photographe les mitrailla. A la fin, sur une photo destinée à devenir aussi mythique que Le Baiser de Robert Doisneau, elle lui tira la langue et il lui répondit de la même façon, par jeu. Leurs deux langues se touchèrent.»

Lassée d’être seulement «la jeune femme inconnue dans les coulisses», Barbara Gray a fini par envoyer un message sur Facebook à Al Wertheimer l’an dernier: «Je suis la fille de The Kiss.» Sceptique —plusieurs femmes avaient déjà affirmé être celle de la photo—, le photographe ne lui a pas immédiatement répondu. Avant d’être convaincu par des détails fournis par Vanity Fair, que Barbara Gray avait entretemps contacté, comme des photos de l’époque.

Les deux ont fini par conclure un accord par lequel Barbara abandonnait ses droits commerciaux sur la photo en échange de 2.000 dollars, d’une reconnaissance publique de son statut et de divers objets. Dans son interview à Vanity Fair, elle insiste sur le fait qu’elle n’est pas motivée par l’argent:

«Je ne me suis pas lancée dans cela parce que j’étais frustrée ou folle. Je voulais juste avoir mon nom sur cette foutue photo.»

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