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Ils ont «raté» le 11-Septembre

Slate.fr, mis à jour le 09.08.2011 à 11 h 45

REUTERS

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«Brian Robinson était en randonnée dans l'arrière pays des Colorado Rockies. Fred Goldsmith était aux funérailles d'un ami cher, en Caroline du nord. Amy Evans commençait dans la joie un "semestre en mer", sur le Pacifique, à plusieurs miles de son premier port japonais.»

Ces trois personnes —parmi d'autres— ont «raté» le 11-Septembre, relate The Associated Press. Ils n'ont pas su, pour quelques heures ou une journée, que des terroristes avaient détourné des avions et détruit le World Trade Center le 11 septembre 2001.

Alors qu'aujourd'hui notre monde est «saturé de technologies», un manque de moyens de communication à l'époque explique en partie ce fait: les technologies mobiles n'étaient pas aussi développées, explique l'agence de presse.

«Au début de l'année 2002, 64% des adultes américains avaient des téléphones mobiles "non-intelligents", 16% avaient des "bipeurs", et 11% avaient un assistant personnel numérique, selon le Projet Internet du centre de recherche Pew. Aujourd'hui, 83% d'entre eux ont des téléphones mobiles, dont 42% de smartphones.»

Ce que les gens n'avaient pas en 2001, selon Aaron Smith, un des chercheurs du centre Pew, c'est le côté social des médias, devenu omniprésent depuis.

«C'est la différence, ainsi que l'adoption généralisée des smartphones et d'autres périphériques mobiles. Quelqu'un aujourd'hui n'aurait pas explicitement à vous dire ce qui se passe.»

Bien sûr, ces quelques personnes citées avaient aussi, souvent, une envie de ne pas être joignable ou en tout cas de ne pas recevoir de communication, quelle qu'elle soit. Brian Robinson, par exemple, ancien ingénieur dans la Silicon Valley, avait quitté son travail pour devenir «la première personne à traverser en randonnée les Appalaches, la crête Pacifique, et le Continental Divide Trail dans la même année».

Robinson avait un téléphone satellitaire donnée par un sponsor, se souvient-il. Mais il avoue ne plus savoir s'il l'avait emporté avec lui lors de sa randonnée dans les Rockies. Et s'il l'avait, il y a peu de chances qu'il soit allumé de toute façon. «Ce n'est pas pour ça que je vais dans les bois», explique-t-il.

L'Associated Press raconte aussi l'histoire d'Anne Maxfield, 56 ans. En 2001, elle passait ses vacances avec son mari dans un petit village du sud de la France.

«Souffrant de jetlag, je me baladais dans la vieille ville de Vence, en écoutant un homme que je pensais être un "bourreau de travail" parler dans son téléphone portable, résumant un mauvais film à propos d'avions s'écrasant dans le World Trade Center.»

Elle disposait pourtant d'un téléphone mobile, mais prenait «des vacances bien méritées»; ce n'est qu'en rentrant à l'hôtel qu'elle apprit ce qui avait eu lieu.

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