France

«Cold Case» existe en France dans la vraie vie

Slate.fr, mis à jour le 08.08.2011 à 19 h 13

L'équipe de «Cold Case» (CBS).

L'équipe de «Cold Case» (CBS).

Qui ne connaît pas la série américaine Cold Case et sa célèbre héroïne Lilly Rush, qui enquête sur des affaires non-résolues? Malgré une grande place laissée à la fiction dans cette série, les archives judiciaires regorgent aussi de vieilles affaires qui n’ont pas abouti faute de preuves ou qui sont de nouveau ouvertes avec l’apparition d’éléments inédits. Selon George Moréas, commissaire principal honoraire de la police nationale et auteur d’un blog sur le Monde.fr, cette mission, souvent délaissée en France, notamment pour des raisons de budgets et par manque de temps, serait maintenant très prisée, de manière informelle, par les réservistes de la police.

Ils auraient, selon George Moréas, toutes les qualités pour mener à bien de telles recherches: ils gardent en mémoire de nombreuse affaires anciennes, ils ont du temps et moins de pression, n’étant plus soumis aux directives des différents services.

C’est le commissaire divisionnaire et patron de la brigade de protection des mineurs, Thierry Boulouque, qui est à l’origine de cet engouement. En recrutant il y a maintenant trois ans une policière retraitée, ancienne de l’Antigang, afin qu’elle explore certaines archives concernant des viols de mineurs, il a en effet lancé le mouvement et a permis de résoudre une affaire de viol vieille de plus de dix ans. L’auteur du viol, aussi accusé d’agression sexuelle sur un mineur, a finalement été confondu par des traces d’ADN qui n’avaient pas pu être exploitées à l’époque.

Cet intérêt renouvelé pour les affaires classées apparaît à un moment où la législation concernant les scellés, autrement dit les pièces à conviction, évolue de manière contrastée, comme l’explique La Dépêche. Leur période légale de conservation a récemment été allongée pour les crimes ou les délits contre les mineurs, mais raccourcie pour les armes et les stupéfiants (systématiquement détruits six mois après le jugement) ou pour les prélèvements biologiques (sang, sperme, cheveu..).

Selon George Moreas, cela ne va pas favoriser la réouverture des vieux dossiers:

«En prenant cette décision […], on ferme donc la porte à toute nouvelle recherche, sans se soucier de savoir si des techniques plus sophistiquées pourraient demain voir le jour.»

Aux Etats-Unis, la constitution de «cold squads» rencontre aussi parfois des difficultés, notamment budgétaires. Un récent article du Waterloo Cedar-Falls Courier, un quotidien de l’Iowa, expliquait ainsi que les enquêtes des unités locales sont souvent provisoirement arrêtées ou même abandonnées pour des raisons financières ou par manque d’effectifs.

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