Économie

Des hackers nord-coréens à l'assaut des jeux en ligne sud-coréens

Temps de lecture : 2 min

Kim Jong-il, h4ck3rm1k3 via Flickr, CC-Licence-by
Kim Jong-il, h4ck3rm1k3 via Flickr, CC-Licence-by

Transformer de l'argent virtuel en argent réel, c'est aussi simple que de détourner un jeu vidéo. En Corée du Nord, l'argent fait défaut et la dernière trouvaille du leader Kim Jong-il est la suivante, raconte le New York Times: éduquer une armée de jeunes «hackers» afin de prendre d'assaut les sites de jeux en ligne sud-coréens.

La police sud-coréenne a arrêté, jeudi 4 août, cinq personnes accusées d'avoir organisé une équipe de «hackers» de 30 jeunes joueurs experts. Selon la police, cette équipe travaillait dans le nord de la Chine et aurait créé des logiciels exploitant les failles de serveurs de jeux en ligne comme Lineage et Dungeon and Fighter.

Les failles permettaient ensuite de faire jouer sur les serveurs des «bots», des logiciels qui agissent comme des humains et accumulent des points de jeux. Ces points de jeux étaient par la suite échangés sur des sites web qui permettent aux joueurs d'améliorer les caractéristiques de leur personnage pour de l'argent réel versés à d'autres joueurs, au lieu de passer de longues heures à gagner de l'expérience dans le jeu.

Les organisateurs de cette manœuvre auraient accumulé pas moins de 6 millions de dollars dans les 18 derniers mois, toujours selon la police. 55% de cette recette était ensuite distribués aux hackers, qui l'envoyaient à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord.

Comme le souligne Numerama, le New York Times n'hésite pas à faire le lien entre ces transferts de fonds et le financement à la fois du programme nucléaire nord-coréen, mais aussi d'objets de luxe utilisés pour soudoyer le parti et l'élite militaire, alors que le peuple traverse une période extrêmement difficile.

Le Financial Times s'intéresse lui à ce que révèle l'affaire des capacités du pays:

«Le cas révèle la rigueur de l'éducation scientifique nord-coréenne. Les investisseurs étrangers utilisent des compagnies à Pyongyang pour créer des sites web et des logiciels informatiques à bas prix, alors que Kim Jong-il, le dictateur du pays, prétend être un génie du web —même si la quasi-totalité du peuple est privée d'accès à Internet.»

Ces combines dites de «gold farming» sont courantes en Chine, où cela est devenu une industrie: le pays avait même obligé ses prisonniers à jouer en ligne pour rapporter de l'argent, racontait The Guardian en mai.

Slate.fr

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