Monde

Les émeutes de Tottenham ont été coordonnées via des BlackBerry

Slate.fr, mis à jour le 10.08.2011 à 14 h 15

disconnect'd/Robert S. Donovan via Flickr cc.

disconnect'd/Robert S. Donovan via Flickr cc.

Après les révolutions arabes grâce à Facebook et Twitter, voici les émeutes urbaines grâce au BlackBerry. Le Telegraph nous apprend que le service de messagerie instantanée BlackBerry Messenger (BBM) aurait servi de réseau de communication crypté aux émeutiers lors des violences dans le quartier de Tottenham à Londres, les 6 et 7 août.

Le Telegraph déplore:

«Alors que les jeunes Arabes les ont utilisés [Facebook et Twitter] pour diffuser leurs idées d’ouverture et organiser leurs actions, les vols et les destructions irréfléchies de Londres ont été orchestrés loin des regards.»

Les appareils BlackBerry sont particulièrement populaires chez les jeunes Londoniens, notamment parce qu’ils sont moins chers que les modèles Android ou les iPhone et parce qu’ils sont accessibles par cartes prépayées. BBM permet d’échanger des messages de type SMS, mais gratuitement, puisque tout se fait via Internet. Ce service est même en passe de remplacer le traditionnel texto chez les jeunes britanniques: «Nous avons constaté un effondrement de l’usage des SMS chez les jeunes et c’est principalement dû à BlackBerry», expliquait Graham Brown  du centre de recherche Mobile Youth en avril 2011.

Pour les autorités qui souhaitent surveiller les communications, ce système est plus difficile à suivre les réseaux sociaux. Alors que les discussions publiques sur les réseaux sociaux sont facilement accessibles, celles avec BBM sont plus sécurisées grâce à un algorithme de cryptage Triple DES. Pour intercepter et déchiffrer ces messages, il faudrait faire appel aux renseignements britanniques, ce qui nécessiterait l’obtention d’un mandat du ministère de l’intérieur. «Mais il semble improbable que de tels moyens, habituellement employés dans le cadre du contre-terrorisme, soient mobilisés pour espionner des jeunes qui pillent un magasin Foot Locker», estime le Telegraph.

Les données peuvent aussi être saisies directement chez BlackBerry, mais cela nécessiterait un long processus judiciaire.

Selon BBC News, «nombre de politiciens, journalistes et policiers ont évoqué le fait que Twitter, et plus particulièrement BlackBerry, ont joué un rôle», mais certains experts s’inquiètent de voir les accusations contre ces technologies exagérées. Ainsi, pour Chris Greer, enseignant en sociologie et criminologie à l’université de Londres, l’usage des smartphones a clairement aidé les personnes impliquées mais n’a probablement pas permis de persuader les personnes réticentes à participer aux émeutes. «Je ne pense pas que cela ait un quelconque impact sur la motivation», affirme l’universitaire.

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