Economie

La Chine forcée d'importer des baguettes des Etats-Unis

Slate.fr, mis à jour le 08.08.2011 à 11 h 01

Chopsticks, rebeccaselah via Flickr, CC-Licence-by

Chopsticks, rebeccaselah via Flickr, CC-Licence-by

Des objets portant la mention «Made in America» en Chine? C'est chose faite. Et qui plus est, ce sont des baguettes, le pays étant en manque de stocks du fait d'une pénurie de bois.

La firme Georgia Chopsticks, basée dans l'état américain de Géorgie, produit 2 millions de paires de baguettes par jour pour l'export vers la Chine, relate The Telegraph. «Je pensais ce que tout le monde pensait aussi: partout on voit aux États-Unis des objets “Made in China”, et vous vous demandez si en Chine ils voient “Made in America”», commente Susan White, employée de l'entreprise.

L'entreprise, qui fonctionne 24 heures sur 24, espère atteindre une production de 10 millions de paires de baguettes par jour à la fin de l'année. Ces baguettes sont destinées à la vente dans les supermarchés chinois et coûtent autour d'un cent à produire.

Si elles sont produites au États-Unis, c'est donc à cause d'une pénurie de bois en Chine, déjà annoncée sur le site spécialisé China Wood en 2010. Des représentants d'une entreprise avaient alors annoncé que leur stock de bois était de moins de 1.000 tonnes, trente fois moins que l'année précédente. Un des cadres de la société, Song Jeong-hwan, avait déclaré qu'«avec cette quantité de bois disponible, on est obligés de ne faire fonctionner la fabrique qu'à mi-temps. Une pénurie comme celle-ci est sans précédent. Nous n'avions jamais souffert comme ça, même pendant la crise des marchés asiatiques». Selon le International Business Times, la Chine produit déjà plus de 60 milliards de paires de baguettes par an.

En Géorgie, les peupliers et les gommiers produisent un matériau idéal, permettant la construction de baguettes à la fois droites et souples, précise The Telegraph.

WLOX, le site de la chaîne de télévision locale, raconte l'histoire de Jae Lee, qui a monté son entreprise dans la ville d'Americus. Il souhaitait recruter «une centaine d'employés» et a reçu entre 400 et 500 demandes d'emploi. «Ça vous donne une idée de l'état de l'économie ici», explique-t-il à la chaîne. Pour la ville de 17.000 habitants, dont le taux de chômage atteint les 12%, c'est un «retour à sa période faste de centre industriel», avant la délocalisation de la plupart des entreprises.

Slate.fr
Slate.fr (9125 articles)
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte