Monde

Chine: des enfants auraient été enlevés par des fonctionnaires

Slate.fr, mis à jour le 07.08.2011 à 13 h 24

Des enfants à l'orphelinat Shanghai Children's Home, le 21 novembre 2005. REUTERS/Nir Elias

Des enfants à l'orphelinat Shanghai Children's Home, le 21 novembre 2005. REUTERS/Nir Elias

L'enlèvement d'enfants est un problème persistant en Chine, avec un marché noir lucratif créé par une préférence –qui existe toujours– pour les garçons et un contrôle très strict du nombre de naissances. Mais un phénomène encore plus inquiétant a eu lieu dans les années 2000 rapporte le New York Times, avec des enfants chinois kidnappés par des fonctionnaires du pays.

Dans la région montagneuse de Hunan, de nombreux parents et grand-parents accusent les fonctionnaires régionaux de la Commission d'État pour la population et le planning familial de leur prendre les enfants pour ne plus jamais leur rendre. Yuan Xinquan raconte au journal son expérience traumatisante: en décembre 2005, alors qu'il attendait le bus avec sa fille d'à peine un mois et demi dans les bras, une douzaine d'hommes sont sortis d'un camion gouvernemental et ont demandé à voir son certificat de mariage.

Certificat qu'il n'avait pas, lui et la mère de sa fille étant à l'époque trop jeunes pour se marier. Il n'avait pas non plus 6.000 yen (environ 650 euros), coût de l'amende qu'il était censé payer pour garder son enfant. Les hommes sont partis avec elle, raconte-t-il, et six ans plus tard il la cherche toujours.

Les parents qui demandent à retrouver leurs enfants et parlent aux médias se retrouvent emprisonnés pour d'autres motifs. Officiellement, les règles du planning familial chinois interdisent la confiscation d'enfants aux parents qui sont au dessus de leur quota de naissance. Mais les pouvoirs délégués aux responsables locaux amènent à des abus comme ceux rapportés par le New York Times.

Au moins 16 enfants ont été emmenés par des responsables du planning familial entre 1999 et 2006 dans le simple comté de Longhui, dans la région de Hunan, d'après des familles locales. Une pratique qui se serait arrêtée en 2006 après la chute d'un garçon de huit mois du deuxième étage d'un planning familial, alors que sa mère se battait avec des fonctionnaires pour les empêcher de l'emmener.

Après des années de silence sur le sujet, c'est le magazine chinois Caixin qui a sorti l'affaire en mai dernier, non sans difficultés comme le raconte le journaliste:

«Je porte cette histoire avec moi depuis 2007, mais jusqu'à maintenant elle n'avait jamais été publiée. Les rédacteurs en chef de plusieurs publications m'ont dit que le sujet de base –le planning familial– était intouchable. Point. Le planning familial est une des politiques nationales de base en Chine, m'a-t-on dit. Pas touche.»

Au moins une agence d'adoption américaine récupère des enfants d'orphelinats gouvernementaux chinois, rapporte le New York Times. Sa directrice explique que les autorités chinoises ont certifié l'éligibilité de chaque enfant, et que son agence ne peut plus aujourd'hui lancer une enquête indépendante sur ceux-ci sans une requête spécifique alimentée en preuves.

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