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Un laser téléguidé de l'armée américaine trouvé sur eBay

Slate.fr, mis à jour le 05.08.2011 à 18 h 09

XX-9 Heavy Turbolaser/Andres Rueda via Flickr CC License by

XX-9 Heavy Turbolaser/Andres Rueda via Flickr CC License by

C’est bien connu, on trouve de tout sur eBay. Mais quand Cody Oliver, un ferru de technologie habitant à San Francisco, a commencé à rechercher du matériel pour se fabriquer un chariot téléguidé pour le festival artistique annuel du Burning Man, il ne s’attendait pas à tomber sur des pièces d’un gadget futuriste acheté par l’armée américaine puis tombé en désuétude.

Quand Oliver a récupéré une paire de télécommandes sophistiquées achetées sur le site de vente aux enchères en ligne, il a très vite compris qu’elles étaient spéciales, rapporte le blog Danger Room du site Wired. Le volant était équipé de nombreux boutons noirs, dont certains étaient étiquetés «activer arme» ou «arme enclenchée», et d’un gros bouton rouge «STOP» au milieu.

Les télécommandes en question se sont avérées être marquées du sigle de Ionatron, une entreprise qui a réussi à convaincre les généraux américains, d’ordinaire plutôt sceptiques, sous l’administration Bush d’acheter un laser électrique téléguidé supposé pouvoir neutraliser les bombes des insurgés en Afghanistan avant que celles-ci ne tuent des soldats américains.

Le Pentagone a finalement dépensé 30 millions de dollars pour le gadget, appelé «Joint Improvised Explosive Device Neutralizers» (JIN), et la nouvelle technologie a suscité l’intérêt des médias américains.

Mais les JINs n’ont jamais tenu leurs promesses sur le terrain. Dès 2007, Wired rapportait que l’armée américaine s’était rendue compte de l’inefficacité du laser destructeur de bombes artisanales. Le Washington Post s’était également penché sur le flop dans un article au titre évocateur: «Quand la physique se met en travers de la route».

Suite au désaveu du Pentagone, Ionatron a predu beaucoup d’argent, a changé de nom, s’est retrouvé empêtré dans une série de scandales et de procès pour finir en liquidation. Les pièces électroniques de la compagnie devenues inutiles, dont celles ayant autrefois composé les JIN, ont été mises en vente sur eBay. C'est là qu'Oliver a trouvé les fameuses télécommandes.

Oliver s’est même rendu compte que le matériel qu’il avait acheté sur eBay était contrôlé par un signal Wifi non protégé. En d’autres termes, même si les JINs s’étaient avérés réellement efficaces, les terroristes auraient pu les contrôler sans grande difficulté.   

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