Monde

Les Allemands sont-ils nostalgiques du Mur de Berlin?

Slate.fr, mis à jour le 05.08.2011 à 12 h 31

Le Mur de Berlin, le 16 novembre 1989, via wikimedia commons

Le Mur de Berlin, le 16 novembre 1989, via wikimedia commons

Le 13 août prochain, la construction du Mur par les autorités est-allemandes aura 50 ans. L’occasion, pour la Berliner Zeitung, de commander à l’institut de sondage Forsa une étude sur la question.

Interrogés en juillet dernier, les Berlinois ont livré des réponses jugées étonnantes par l’essentiel de la presse allemande. La Berliner Zeitung donne les chiffres:

À la question de savoir si la construction du mur était une bonne chose, 10% des sondés ont répondu «Tout à fait d’accord». 25% ont répondu «d’accord». Les défenseurs du Mur sont majoritairement d’anciens Berlinois de l’Est, au sein desquels seuls 41% considèrent la partition de la ville comme une erreur. Au contraire, 69% des anciens Berlinois de l’Ouest contestent catégoriquement la question.

Mais la question, justement, était plus compliquée qu’un simple «Pour ou contre la construction du mur?», précise l’Augsburger Allgemeine :

Les choses étaient posées en ces termes: Etes-vous d’avis que la construction du Mur de Berlin, du point de vue de l’époque, s’est avérée nécessaire et justifiée pour stopper l’exode des travailleurs qualifiés vers l’Ouest, et stabiliser la situation politique de la RDA, et donc de l’Allemagne toute entière? 

Forcément, poursuit l’article, cette phrase a remporté l’assentiment massif des électeurs de la Linkspartei (l’extrême-gauche allemande), le descendant du SED, le parti au pouvoir au temps de la RDA.

Par conséquent, le quotidien de gauche berlinois, la Tageszeitung, tente de prendre un peu de recul sur le sondage commandé par son concurrent.

À la vue des résultats, on pourrait presque croire que les Berlinois sont toujours prisonniers du carcan idéologique de la Guerre Froide. D’un côté les détracteurs du mur et de l’autre, les apôtres du rempart anti-impérialiste. Ce n’est, évidemment, pas si simple.

Et pour étayer sa démonstration, la TAZ cite Thomas Flierl, porte-parole de la Linkspartei sur les questions d’urbanisme:

Vue d’aujourd’hui, la construction du Mur est injustifiable. Pour «stabiliser» une société, le Mur a été un mauvais outil. À long terme, son efficacité s’est même avérée nullissime. Et que de nombreux de ses camarades aient émis un avis contraire, Flierl l’explique par la nostalgie d’une certaine constance étatique, d’une autorité crédible. Mais selon lui, la question du sondage épouse l’argumentaire du vieux SED.

En fait, le plus inquiétant est ailleurs, selon Axel Klausmeier, directeur de la fondation du Mur de Berlin, interrogé par la TAZ.

«Cela me prouve à combien mon travail est important. Comme l’a montré le sondage, la méconnaissance des jeunes est effroyable. Beaucoup ne savaient même pas ce qui s’est produit le 13 août 1961.»

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