Economie

La note triple A est rare aussi chez les entreprises

Slate.fr, mis à jour le 03.08.2011 à 17 h 36

un panneau sur le campus Microsoft à Redmond. TechFlash Todd via Flickr CC License by

un panneau sur le campus Microsoft à Redmond. TechFlash Todd via Flickr CC License by

Si la note de dette triple A des Etats-Unis est menacée, cela fait longtemps qu'elle est devenue un anachronisme dans le monde des entreprises américaines, comme le rapporte le New York Times.

Le quotidien rappelle que seulement quatre entreprises non-financières américaines détiennent encore cette note: la SSII Automatic Data Processing, le géant pétrolier Exxon Mobil, le laboratoire pharmaceutique Johnson & Johnson et le groupe informatique Microsoft. Elles étaient encore soixante au début des années 80 et une quinzaine au début de la dernière décennie. Depuis le début de la crise, des grandes entreprises comme UPS, General Electric, Pfizer ou Berkshire Hathaway, la holding de Warren Buffett, ont ainsi perdu leur AAA.

Le New York Times explique aussi que, si la note des Etats-Unis est dégradée, ce ne sera pas la première fois que des entreprises sont mieux notées que leur pays: Toyota, par exemple, est restée AAA plusieurs années après que le Japon ait perdu le sien. La semaine dernière, le blog Real Time Economics du Wall Street Journal s’interrogeait sur ce sujet et citait un communiqué de Standard and Poor’s selon qui une dégradation des Etats-Unis pourrait avoir un impact sur la note des entreprises «dont l’activité, le chiffre d’affaires opérationnel et les actifs sont essentiellement basés aux Etats-Unis».

Enfin, le New York Times affirme que l’impact de la perte d’un triple A sur la capacité de financement est moins évident pour une entreprise que pour un pays. «C’est comme de passer d’une Rolls-Royce à une Mercedes», explique Chris Orndorff, un gestionnaire de portefeuille, tandis que le journaliste rappelle la phrase de Warren Buffett quand Berkshire Hathaway a été dégradée:

«Dans mon esprit, nous sommes toujours AAA».

Récemment, le blogueur économique de Reuters Felix Salmon rappelait par ailleurs qu’une entreprise AAA n’emprunte pas forcément moins cher qu’un Etat AA: «Des émetteurs de dette triple A comme la Banque mondiale ou Johnson & Johnson pourraient avoir une meilleure notation, mais ils continueraient à avoir des coûts d’emprunt et une charge de la dette plus élevée» que les Etats-Unis.

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