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Bientôt des armées de Terminators «faits maison»?

Slate.fr, mis à jour le 03.08.2011 à 15 h 44

Comic-Con 2004 - Terminator statue/popculturegeek.com via Flickr cc.

Comic-Con 2004 - Terminator statue/popculturegeek.com via Flickr cc.

La fabrication de robots, notamment de drones, est devenue tellement abordable que ces machines tueuses ne sont plus réservées aux armées régulières, rapporte Fast Company.

Ces machines ne sont pas aussi complexes qu'il y paraît. Selon la Brookings Institution, les «drones sont essentiellement des ordinateurs volants, parfois armés», ce qui les rend simples et de moins en moins chers à fabriquer. «Vous avez maintenant des lycéens qui participent à des compétitions de robotique avec des équipements qui auraient été considérés de niveau militaire il y a dix ans», explique Peter W. Singer, auteur de Wired for War et membre de la Brookings Institution. Selon lui, la robotisation du champ de bataille va entraîner une «révolution dans le domaine militaire». Ainsi, les technologies de pointe développées aujourd’hui en Chine ou en Israël se retrouveront demain en version «low cost» dans des guerres comme celle qui se déroulent actuellement en Libye. Fast Company va même plus loin:

«La démocratisation de la guerre technologique pourrait vouloir dire que bientôt chaque armée, qu’elle soit nationale ou privée, disposera de bataillons de soldats-automates sous leurs ordres.»

D’un point de vue financier, les drones sont avantageux. Par exemple, l’avion de combat furtif américain F-22 coûte 150 millions de dollars pièce, soit 15 fois le prix d’un Predator dernier cri. Sur le plan doctrinal, pendant qu’aux Etats-Unis les généraux «se battent» pour maintenir les coûteux programmes de chars d’assaut ou porte-avions, les petits pays se révèlent les plus motivés à s’équiper en robotique de combat.  Pour Peter W.Singer, cette situation «se rapproche de celle du mouvement pour les logiciels libres», avec un accès de plus en plus facile à ces technologies. «Les barrières sont en train de tomber», affirme-t-il.

Les drones pour les nuls

«Jusqu’à présent, le Pentagone a refusé de partager ses jouets en imposant un contrôle stricte des exportations de drones comme le Predator ou le Reaper», rappelle Fast Company. Mais cela n’empêche pas le développement technologique hors du giron militaire. Avec des sites qui proposent des «recettes maison» comme DIY Drones, «nous sommes arrivés à un point où se met en place un système parallèle au ministère de la Défense américain», relève le futurologue Scott Smith. Le Pentagone propose aux amateurs passionnés, via le Darpa, de devenir ses prochains ingénieurs en armement avec le programme de crowdsourcing UAVForge. «L’ère des micro-armes de guerre "faites maison" est pour demain», affirme Smith.

Avec la multiplication des robots, il sera bientôt impossible de maintenir «un humain derrière chaque machine» d’où la tendance à l’autonomisation des machines. Fast Company prévoit un «choc des algorithmes» et se demande ce qui se passerait «si des hackers levaient une armée de machines prête à se vendre au plus offrant ».

En France, il existe un projet de création d’un «opérateur unique pour piloter à distance tout un essaim de drones». Selon le site du ministère de la Défense, le projet Susie, Supervision de systèmes d'intelligence en essaim, est mené par la direction générale de l'armement (DGA) et a été présenté au Salon du Bourget 2011. «Il faut donner aux robots une loi de comportement en essaim, c'est-à-dire les paramétrer de manière à ce qu'ils agissent en groupe et non plus individuellement», explique Didier Bazalgette, un des responsable du projet. Si l'on suit le raisonnement de Fast Company, Susie devrait bientôt avoir un alter-ego conçu par des bricoleurs nouvelle génération. Si ce n'est déjà le cas...

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