Culture

London Calling: drôle de chanson pour les JO de 2012

Temps de lecture : 2 min

Album London Calling de The Clash/rzrxtion via Flickr CC License by

Les organisateurs des Jeux Olympiques de 2012 de Londres ont choisi le titre London Calling, du groupe The Clash, pour la couverture médiatique du compte-à-rebours qui nous sépare du coup d’envoi de la compétition. Un choix jugé «curieux» par The record, l’un des blogs musicaux de la radio NPR.

Le titre est entrainant, on se rappelle bien du «london calling» redondant qui sonne «comme l’appel d’une émission de radio demandant l’attention des auditeurs», selon BBC News. Mais la BBC et NPR s’accordent sur le fait que London Calling, qui lança l’album The Clash en 1979, n’est pas propice à attirer foule dans la ville olympique.

Tout d’abord, le titre de la chanson renvoie à des liens symboliques et historiques forts avec la Seconde Guerre mondiale, puisqu’il fait référence au slogan utilisé par la BBC pour s'adresser aux pays occupés. Mais surtout, les paroles imaginées par Joe Strummer évoquent un chaos, comme l'explique Alan Connor, compositeur et journaliste indépendant pour la BBC, à NPR:

«Dans la chanson, Londres est envahie de zombies, les rivières débordent et les policiers battent tout le monde(…) Ce n’est pas la meilleure façon de dire “Hé, venez voir notre match de beach-volley, vous allez vous éclater!”»

La chanson met, certes, Londres à l’honneur, mais répudie aussi une certaine idée du Londres des années 1970, celui des Beatles par exemple. Joe Strummer véhicule dans ce titre son inquiétude et scepticisme face à la situation mondiale, et ce, de façon très personnelle, ce qui ne va pas dans le sens d’une chanson ayant pour vocation d’appeler le monde à venir voir les JO.

D'autant plus que Marcus Gray, auteur d’un ouvrage sur The Clash, a décrit l’aversion de Joe Strummer pour les foules de touristes fans de sport se rendant à Londres.

Pour conclure, la BBC se demande pourquoi les organisateurs n’ont pas remarqué que London Calling était inappropriée. Il en ressort que le titre «est si riche qu’il est possible de rater la plupart des mots qui se situent entre les premiers mots et la fin du refrain», ce qui vaut au tube d’être qualifié d’«exemple classique d’une chanson qui est devenue tellement familière qu’on en oublie son sens originel».

Slate.fr

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