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Les gros mots stressent le cerveau

Slate.fr, mis à jour le 01.08.2011 à 14 h 58

injures, Wikimedia Commons/Tomia via Polylerus

injures, Wikimedia Commons/Tomia via Polylerus

Il vaudrait mieux que vous arrêtiez de jurer si vous ne voulez pas être trop stressé, raconte le blog io9.com, dédié à la science et à la science-fiction. Une étude de Jeffrey Bowers et Christopher Pleydell-Pearce, de l’Université de psychologie expérimentale de Bristol, montre en effet, à travers l’observation de l’impact des gros mots sur le système nerveux, que la forme verbale employée influerait sur nos réactions affectives et cognitives profondes.

L’étude, publiée dans la revue scientifique en ligne PloS One le 20 juillet, a été menée en mesurant l’activité électrodermale de 24 participants qui devaient lire à haute voix trois listes de mots. L’une était uniquement composée de jurons, l’autre contenait des gros mots euphémisés (comme «the F-word» ou «FCUK», deux façons détournées de dire «fuck») et la dernière un vocabulaire entièrement neutre.

Les résultats de l’expérience ont montré que les gros mots étaient directement liés au centre nerveux des émotions fortes, quand bien même ils ne contenaient aucun désir d’offenser quiconque. Par contre, les euphémismes et les acronymes comme «FCUK» n’entraîneraient pas de réaction émotionnelle forte. Les chercheurs expliquent donc dans leur publication que «la forme phonologique du mot serait directement liée à une réaction émotionnelle».

Mais l'étude pose une question plus large: notre langage influence-t-il notre manière de penser? Les chercheurs précisent dans leur étude que, depuis longtemps, il est considéré évident que le langage et la communication affectent la personnalité des individus mais que la forme de la langue a été bien moins étudiée et semblait influencer de façon moindre la personnalité.

L’étude de Bowers et Pleydell-Pearce contre ce présupposé. Par exemple, les chercheurs concluent que «l’on essaye d’éviter les sujets de discussion qui nécessitent l’utilisation de mots tabous, même quand le message qu’ils expriment est inoffensif». Le fait que les jurons soient «stressants» entraîne, selon les scientifiques, des «coûts durables et profonds» sur les relations entre les individus.

Cette publication vient éclairer un domaine qui n’avait été, jusque-là, que peu exploré, et explique notamment pourquoi des euphémismes sont employés dans tellement de situations et dans presque toutes les langues.

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