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Les voitures d'une ville entière surveillées par des caméras

Slate.fr, mis à jour le 01.08.2011 à 16 h 11

Share the Road licence plates, richardmasoner via Flickr, CC-Licence-by

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À Royston, dans le comté de Hertfordshire au Royaume-Uni, des caméras prendront en photo toutes les voitures entrant ou sortant de la ville, relate The Guardian.

Le système a été mis en place alors que la ville de 15.000 habitants connaît un taux de criminalité particulièrement faible: en un an, la police a «seulement» eu à faire à un meurtre, et au vol d'un distributeur d'argent à la voiture bélier.

Le responsable du programme de surveillance, l'inspecteur Andy Piper, a déclaré:

«Quand on regarde la situation générale, dans le comté ou au niveau national, la position des caméras a son sens: elles sont placées stratégiquement pour cibler les criminels voyageant sur les routes principales du comté —sans parler du contre-terrorisme.»

Des propos ironiquement interprétés par Boing Boing, qui écrit:

«Le responsable [...] dit qu'il attrapera plein de criminels et de terroristes parce qu'ils pourraient oublier que cette ville-là est totalement surveillée, et passer par la ville quand ils vont dans les villes voisines ou en reviennent, après y avoir commis leurs crimes et atrocités.»

Les plaques prises en photo seront soumises, à quelques occasions, «à une base de données policière des véhicules volés ou en connexion avec des crimes, ou dont le conducteur est une “personne d'intérêt”».

Le système a toutefois des failles: l'ajout de numéros de plaque à la liste de la police est géré sans législation, ce qui signifie que chaque force de police crée ses propres règles.

Guy Herbert, secrétaire général du groupe NO2ID (qui fait campagne contre la volonté sécuritaire britannique de créer des bases de données) interrogé par The Guardian, a déclaré:

«Le problème survient lorsque des gens sont signalés par le système, et que la police les traite comme des délinquants sans véritable raison ou cause spécifique les liant à un crime. Chaque fois que la police doit signaler un véhicule dans le système, il devrait y avoir une suspicion réelle que cette personne soit impliquée dans un crime, et il devrait y avoir une sorte de supervision pour cela.»

D'autres associations de lutte contre cette surveillance démesurée se sont manifestés, comme le groupe Big Brother Watch, Privacy International ou encore No CCTV, raconte The Telegraph.

Selon Daniel Hamilton, directeur de Big Brother Watch, «enregistrer les mouvement de dizaines de milliers de personnes innocentes vivant dans la région est grossièrement disproportionné par rapport aux capacités de lutte contre le crime du système, et une invasion odieuse dans la vie privée des gens».

Enfin, la décision n'a jamais été soumise à débat, selon The Telegraph, et ce malgré l'enregistrement dans une base de données des mouvements de toutes les voitures durant deux ans, voire trois si le numéro de plaque minéralogique est relié à un crime.

Les caméras, au prix de 14.500 livres chacune (plus de 16.000 euros), devraient être mises en service dans la première semaine d'août, relate le site, qui précise que les sept routes menant à la ville de Royston seront surveillées.

Si un tel système avait déjà été mis en place le long de quelques routes principales et voies rapides au Royaume-Uni, c'est la première fois qu'il est employé pour surveiller tous les points d'entrée d'une même ville.

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